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Le business de l’indemnisation a du plomb dans l’aile

Vols annulés, retards, surbookings… Grâce aux nombreux incidents et à la directive européenne sur les indemnisations de nombreuses plates-formes qui recouvrent les indemnités pour les passagers ont prospéré ces dernières années. Mais c’est peut-être bientôt la fin d’un âge d’or…

Voilà une décision qui pourrait bien avoir un effet domino. En Angleterre, la cour de justice de Londres a débouté Bott & Co Solicitors Ltd, une société spécialisée dans les réclamations des passagers aériens. Celle-ci avait cherché à se faire rembourser les frais juridiques engagés dans les cas où Ryanair avait réglé directement l’indemnisation aux clients.

En effet, dans la plupart des cas, les compagnies aériennes paient « le chasseur d’indemnisations », qui déduit alors ses honoraires et transmet le reste au client. Mais en 2016, Ryanair a commencé à régler directement les indemnisations aux passagers.

Le Juge Edward Murray a déclaré que “Ryanair avait mis en place un processus simple et direct pour permettre à ses passagers de réaliser leur demande d’indemnisation en ligne ou par correspondance, sans l’aide d’un tiers”.

40 % des indemnisations dans la poche

Sur son site, Ryanair appelle « ses clients ayant une demande d’indemnisation à la soumettre directement à Ryanair et d’éviter ainsi les “chasseurs de réclamations” tels que des cabinets comme Bott & Co, Flightright ou encore Air Help qui peuvent prélever plus de 40% d’une indemnisation.

Bott & Co, par exemple, traite environ 25 000 demandes d’indemnisation par an. Le paiement moyen est de 327 euros, dont Bott & Co recueille un tiers, soit 108 euros. Les clients qui soumettent leur requête directement auprès de Ryanair « recevront 100% de leur indemnisation sans en déduire les frais excessifs des ‘chasseurs de réclamations’ ”.

Un futur encore plus incertain en France

Il y a quelques semaines, XL Airways reprochait déjà à Flightright « d’aller systématiquement en justice, de toucher une commission sur les indemnisations des voyageurs, et de demander un remboursement des frais de justice ». Un modèle très lucratif en somme. « Nous recommandons à nos clients de faire leur demande de remboursement directement auprès de notre compagnie et non pas auprès d’officines, avait également rappelé XL Airways. Et si les démarches n’aboutissent pas il existe la Médiation Tourisme et Voyage ».

En France, le 14 février dernier, la Cour de Cassation a estimé que c’est aux passagers de prouver qu’ils étaient bien à bord de l’avion pour pouvoir obtenir un dédommagement lors de retard. Compliquant ainsi fortement le droit à indemnisation.

Que ce soit en Angleterre ou en France, l’avenir de tous ces « chasseurs d’indemnisations » semblent donc peu à peu s’assombrir. Les compagnies françaises et européennes pourraient adopter la même démarche que Ryanair et rembourser directement les passagers même si ceux-ci ont entrepris une démarche auprès d’un « chasseur d’indemnités ». Reste à savoir également si les justices des autres pays de l’Union Européenne vont suivre le mouvement.

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