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Les aéroports français à la traîne, malgré la croissance

La France affiche une hausse de trafic en 2017, qui reste toutefois en dessous de la croissance moyenne européenne.

Lors d’une conférence de presse, mardi 13 mars 2018, Thomas Juin, président de l’Union des Aéroports Français (UAF), est revenu sur les bons résultats des aéroports français. L’ensemble des plates-formes françaises a accueilli un total de plus de 197 millions de passagers, soit + 5,7% par rapport à 2016.  Une croissance qui « n’était pas prévue il y a quelques années », se réjouit le président. Ce n’est pas le fruit du hasard : les aéroports français ont adapté leurs capacités et investi continuellement pour permettre au trafic de se développer et aux passagers d’en profiter ».

La croissance a été portée par le trafic international (+6,8%). Ce qui se traduit par une forte croissance des aéroports parisiens (+4,5%) stimulée notamment par la nette reprise de l’activité de Paris CDG (+5,4%) qui avait été freinée en 2016 (+0,3%) à cause des attentats.  En 2017, les deux plates-formes parisiennes ont contribué à hauteur de 40,61% à la croissance (31,41% en 2016). Le trafic intérieur, quant à lui, n’a progressé que de 3,4%. La part du trafic international est passée à 72,71%. Édifiant. La croissance a également été soutenue par le trafic des compagnies low cost. Elles y ont contribué à hauteur de 56,9%.

L’Europe largement devant

Mais, la croissance française accuse toujours un net retard par rapport à celle du trafic aérien dans l’Union Européenne (UE) qui a atteint +7,7% (+6,7% en 2016).  « On a vraiment un retard de croissance entre l’UE et la France, ce qui pose bien évidemment la question de la compétitivité », note Nicolas Paulissen, délégué général de l’UAF.  « La France ne capte pas toute la croissance qu’elle pourrait capter dans l’UE. Deux points, c’est énorme, ce sont des millions de passagers qui sont en jeu », ajoute Thomas Juin.  » Il n’est pas normal que la France – qui a des atouts en termes touristique, aérien et économique – soit en retrait par rapport aux Anglais, aux Allemands ou encore aux Espagnols ».

Des solutions grâce aux Assises ?

Pour rattraper cet écart, Thomas Juin compte sur les Assises du transport aérien. « Nous demandons surtout une approche globale de l’écosystème. »  Parmi les points à travailler, il y a l’aspect fiscal.  » Lorsqu’on cumule l’ensemble des taxes (sans les redevances) cela représente près de 20€ sur un billet », explique Nicolas Paulissen. Proposant ainsi  » la mise en place d’un observatoire qui suivrait les coûts et déterminerait comment réduire cet écart ».

L’organisation aimerait également que l’État, les collectivités et les différents acteurs de l’aérien s’interrogent sur l’aménagement du territoire. « Il est essentiel qu’il y ait une vision partagée entre l’Etat et les nouvelles régions pour mieux utiliser les infrastructures, définir leur vocation. L’Etat doit d’ailleurs donner de meilleurs outils comme par exemple les lignes de services publics.  »

 » Alors que la saison estivale approche, nous sommes inquiets ». L’été dernier certains passagers attendaient jusqu’à 3h aux contrôles douaniers à Paris. Afin que le temps d’attente ne dépasse 30 minutes, l’UAF souhaite augmenter les effectifs et le nombre de Parafe ou mettre en place la reconnaissance faciale.