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Le tourisme arabe attend toujours son printemps

La chute de Ben Ali, en Tunisie, le 14 janvier 2011, allait donner le coup d’envoi à une série de révolutions en Afrique du nord et au Moyen-Orient. Une bouffée d’air pour les peuples mais un trou d’air pour l’industrie touristique, qui ne voit toujours pas le bout du tunnel.

Même si l’image n’a pas fait le tour des télévisions internationales, elle est le pire des symboles à quelques jours du premier anniversaire de la Révolution tunisienne. Le 5 janvier, dans le centre-ouest du pays, un chômeur s’est immolé par le feu en pleine rue. Un an plus tôt, le 17 décembre 2010, le suicide dans des conditions quasi-identiques d’un jeune marchand sans emploi dans la même région, l’une des plus pauvres du pays, avait servi d’étincelle à la révolution du Jasmin, débouchant sur la chute de Ben Ali le 14 janvier 2011. Rien n’aurait-il changé ? Sur le plan politique, si, évidemment. Mais sur le plan économique, la Tunisie reste clairement dans la nasse. Principale victime collatérale de la révolution, le tourisme vient de clore une année 2011 catastrophique : arrivées et recettes touristiques en baisse d’un tiers par rapport à 2010, nuitées en recul de 40 %, taux d’occupation des hôtels de seulement 32 %… Dans ce mouvement d’effondrement, la France, premier marché émetteur européen, n’a malheureusement pas servi d’amortisseur mais bien d’accélérateur. La baisse de fréquentation de la clientèle hexagonale a ainsi atteint 42 % sur l’année, soit une perte de 500 000 visiteurs sur les 1,4 million accueillis en 2010.

Comme un malheureux clin d’oeil, c’est également le pourcentage de baisse de la fréquentation française en Égypte, où seulement 350 000 touristes tricolores se sont rendus l’an dernier contre 600 000 l’année précédente. Lui aussi plombé par la révolution de la place Tahrir, qui fit chuter Hosni Moubarak le 11 février, le tourisme égyptien a perdu 4 millions de visiteurs étrangers en 2011, sur les 14,7 millions reçus un an plus tôt, soit une baisse de près de 30 %.

LA QUASI-TOTALITÉ DES DESTINATIONS SONT EN RECUL

Le bilan annuel dressé par le Ceto lors de son Forum, en décembre dernier, a confirmé la tendance. Entre le 1er novembre 2010 et le 31 octobre 2011, les TO membres de l’association ont vu le nombre de leurs clients en voyage à forfait s’effondrer de 45 % vers la Tunisie (à 371 000 passagers) et de 44 % vers l’Égypte (153 000 pax). Par ricochet, et sur fond de tensions dans l’ensemble du monde arabe (guerres en Libye et en Syrie, révolte au Yémen…), la quasi-totalité des destinations d’Afrique du nord et du Moyen-Orient sont en recul, notamment la Jordanie (- 52 %) et le Maroc (- 16 %), qui vole à la Tunisie la place de destination n°1 dans le baromètre du Ceto (386 000 clients).

Certains petits TO spécialistes du moyen-courrier n’y auront pas résisté, à l’image de Sun Marin, contraint à mettre la clé sous la porte fin décembre. Mais si les majors ont tenu le coup, ils ont fini l’année au bord du gouffre, plombés pour la plupart par plusieurs millions d’euros de pertes. Les reports massifs sur d’autres destinations (Grèce et ses îles, Espagne et ses îles, Turquie, Sardaigne…), où les progressions des ventes de voyages à forfait tournent entre + 20 et + 100 %, auront seulement permis de limiter la casse en termes de chiffre d’affaires. « Dans ces destinations de repli, on a acheté les lits plus cher qu’en Tunisie, mais on les a vendu à bas prix afin de conserver nos clients », résume Patrice Caradec, patron de Transat France. Ce que confirme Jean Brajon, DG d’Héliades : « Forcés de s’aligner sur la concurrence qui a vendu en dessous du prix de revient, on a réalisé une mauvaise année sur le plan de la rentabilité alors pourtant qu’on a engrangé un CA record ».

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