Le bien-être en bonne santé
Le tourisme de bien-être tient la forme. Aux côtés des TO spécialistes, de plus en plus de généralistes se jettent à l’eau, en dédiant une production à la remise en forme. Quant aux vendeurs, formations et éductours les transforment peu à peu en guerriers de la thalasso et des Spas.
Bien-être. Le mot, créé au milieu du xive siècle, n’est pas tombé en désuétude. Au contraire, il a retrouvé du peps ces dernières années. Des publicitaires le choisissent même comme slogan. Pour Carrefour, le bien-être, ça n’attend pas et les centres auto Feu Vert mettent leurs clients en route pour le bien-être. Surtout, il est l’objet de nombreux échanges et conférences ce week-end à Paris, au salon des Thermalies, une manifestation de plus en plus prisée des professionnels du tourisme (voir encadré).
Et pour cause ! Le relax, bienvenu dans un xxie siècle rythmé par le stress et les cadences infernales, est un marché très dynamique. Le produit bien-être s’est démocratisé. Il touche aujourd’hui toutes les clientèles et toutes les catégories socio-professionnelles, de 20 à 80 ans, se réjouit Raouf Benslimane, PDG du TO spécialiste Thalasso N°1. La montée en puissance du Spa a bien sûr contribué à cette vulgarisation de la remise en forme, au-delà de la thalassothérapie. Chaque hôtel qui ouvre ses portes possède son centre, et chaque rénovation d’établissement inclut la création d’un espace bien-être. Face au succès grandissant de ces massages inspirés de contrées lointaines et prodigués dans un cadre raffiné, les précurseurs français de la remise en forme ont également su adapter leur offre. Aux côtés des cures traditionnelles, les centres de thalasso et de balnéothérapie, qui tentent de faire oublier leur univers médicalisé, proposent désormais des rituels à base de massages du monde, des soins de beauté/esthétique… Et, quel que soit le créneau, la demande explose, notamment en courts séjours, note Joséphine Filleau, chef de produits de la brochure Tonique de Thomas Cook.
Les petits budgets aussi
Preuve de la vitalité de ce marché, la plupart des grands TO ont lancé une production bien-être, enrichie chaque année de nouveautés, en France et à l’étranger. Nouvelles Frontières, Jet tours, Asia, Thomas Cook, Visit France, TravelHorizon, Mille et Un Soleils (via sa marque Aquaprivilèges), Switch, Croisitour… surfent sur cette vague porteuse. Fram, après s’être contenté de tirés à part pendant plusieurs années, a sorti un catalogue dédié l’an dernier. Fort des 30 000 clients qui ont acheté un soin ou une cure en 2006, le TO a récidivé le mois dernier, avec une brochure de 44 pages tirée à 200 000 exemplaires. Une niche sur laquelle Fram compte bien asseoir son image de marque, avec un profil hôtelier plutôt haut de gamme et sept Framissima dotés d’un Spa ou d’un centre de thalasso, en exclusivité sur le marché français. Pour autant, le bien-être n’est pas réservé aux gros budgets. Marmara, qui a construit son premier hôtel-club à Marrakech en avril 2006, y a adjoint un Spa de 1 500 m2. Et son gros porteur de Djerba dispose d’un centre avec une cure bien-être à 80 E/pers. (3 soins/j pendant 3 j).
Après l’effort… le réconfort
Même les spécialistes de la randonnée ont pris cette année le chemin du bien-être. Nomade Aventure (groupe Voyageurs du Monde) propose cinq randonnées-thalasso en France et au Maroc. La Balaguère a créé une rubrique Marche, forme et santé, qui aligne sur 14 pages des balades mêlant balnéothérapie et sophrologie, thermalisme, shiatsu… Quant au spécialiste des coffrets-cadeaux Weekendesk, il a bien fait de parier sur la remise en forme dès sa création, en 2004. De 15 000 coffrets la première année, les ventes se sont envolées à 160 000 l’an dernier, plaçant le bien-être dans le top 3, sur 17 thématiques ! Fort de ce succès, le spécialiste des présents en boîte a même ajouté à sa production deux nouveaux coffrets en décembre, alignant désormais Bien-être en France, Vitalité, Bien-être privilège à Paris et Séjours bien-être.
Reste que le bien-être peine à franchir le seuil des agences (Selectour a abandonné sa brochure dédiée) et subit la concurrence de la vente directe sur Internet. Pour convaincre la distribution et élargir la diffusion de leurs produits, les TO ont compris la nécessité de s’appuyer sur un réseau de vendeurs spécialistes. Car ce marché nécessite une excellente connaissance des produits face à une multitude de cures et de soins qui évoluent constamment, des cultures spécifiques à une région ou un pays. Sans compter le client novice qui mélange tout (Spa, thalasso, thermalisme), et dont les motivations ne sont pas toujours très claires. Chez Thalasso N°1, les vendeurs susceptibles de proposer ses produits sont triés sur le volet. Ils doivent maîtriser la vente, mais aussi aimer et croire aux bienfaits du bien-être. S’ils ne sont pas réceptifs à cette thématique très technique, ils ne peuvent pas bien vendre le produit, assène Raouf Benslimane. Le TO s’est d’ailleurs associé l’an dernier au centre de formation nantais Cap Vers, pour mettre en place des formatours, avec un diplôme à la clé.
Des vendeurs sur le terrain
Une logique appliquée par de nombreux généralistes, qui se dotent de pros à la réservation et déploient des moyens considérables pour former les vendeurs. En plus d’une quinzaine d’ateliers annuels, Jet tours envoie ainsi sur le terrain près de 200 vendeurs avec, au programme, visites d’hôtels et matinées de soins. Et le TO planche sur une formation en ligne spéciale bien-être, qui devrait être lancée avant la fin de l’année.
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