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Lâchée par ses actionnaires, Aigle Azur abandonne le Portugal

Aigle Azur est en difficulté. Lâchée par son actionnaire chinois, la deuxième compagnie aérienne française reconnaît être menacée sur le long terme, mais pas à court terme.

La compagnie aérienne Aigle Azur se prépare à céder ses dessertes au Portugal à la low cost Vueling pour garantir sa survie à moyen terme. Mais dans un communiqué, la compagnie aérienne l’assure, ce sera sans impact social. La direction écarte « toute menace de disparition imminente ».

« Cette opération (de cession) permettra d’assurer la survie d’Aigle Azur à moyen terme. Et les mesures de productivité que nous devrons discuter avec nos partenaires sociaux permettront d’assurer sa survie sur le beaucoup plus long terme », a déclaré Frantz Yvelin, à la tête depuis septembre 2017 de la compagnie.

Une filiale, qui sera ensuite cédée, doit être créée pour regrouper les activités portugaises d’Aigle Azur — soit les dessertes de Porto, Faro et Funchal – ainsi qu’un avion. Le repreneur Vueling fait partie du groupe IAG (British Airways, Iberia, Aer Lingus et Level).

« Un contexte très difficile »

« Il n’y aucune menace à court terme » pour Aigle Azur et les passagers actuellement partis en vacances n’ont « aucune crainte à avoir » sur leur retour, a assuré Frantz Yvelin. « En revanche il y a une menace sur le long terme, elle est réelle ». Comme le précise la compagnie dans sa communication, « à l’instar de bon nombre d’acteurs du secteur, notamment en Europe, Aigle Azur ne nie aucunement avoir des difficultés dans un contexte particulièrement difficile (flygscam, projet d’éco contribution, sur-capacité hiver dernier en Europe, impact pétrole automne 18). »

Au printemps 2018, la compagnie s’était positionné sur le long-courrier avec des vols vers la Chine et le Brésil, en partenariat avec Hainan Airlines (une filiale de son actionnaire de référence le groupe HNA) et Azul Brasilian airlines.

Lâchée par les actionnaires chinois

Mais « des évolutions récentes dans le soutien apporté à Aigle Azur par ses actionnaires a mis à mal cette stratégie », a expliqué la compagnie dans un récent communiqué. La liaison vers la Chine s’est arrêtée en mars et celle vers le Brésil sera interrompue à partir de fin septembre. »Je me suis battu pendant des mois contre la majorité de mon actionnariat, qui nous a lâchement abandonnés », déplore Frantz Yvelin. « La seule raison pour laquelle je suis resté à la barre c’est pour les salariés », confie-t-il.

« Quand vous êtes abandonnés par vos actionnaires, vous essayez de trouver des actionnaires de remplacement. Aujourd’hui on n’a pas trouvé d’acteurs intéressés », regrette le patron de la compagnie. Aigle Azur est détenu par le groupe chinois HNA (49%), l’homme d’affaires américain David Neeleman (32%) et la compagnie Lu Azur (19%).

Rappelons que le conglomérat chinois HNA dont les activités vont du tourisme à la finance a longtemps multiplié tous azimuts les investissements à l’étranger. Mais, très lourdement endetté, il se voit actuellement forcé de se désengager de nombre de ces investissements : il a notamment vendu sa participation indirecte représentant 9% du capital de la compagnie aérienne TAP Air Portugal, et a récemment cédé sa compagnie low cost Hong Kong Express Airways. A défaut d' »acteurs de substitution », la direction d’Aigle Azur « a cherché d’autres solutions », et celle de céder une partie de l’activité « a trouvé un écho auprès de différents acteurs dont le mieux-disant était Vueling », selon Frantz Yvelin.

1,88 million de passagers transportés en 2018

Aigle Azur, fondée en 1946 et dont les liaisons avec l’Algérie représentent 50% à 60% de l’activité, emploie 1 150 salariés dont 350 en Algérie. Elle dispose d’une flotte de 11 avions – neuf A320 et deux long-courriers A330- en leasing et a transporté 1,88 million de passagers en 2018.

Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros en 2018 mais « perd de l’argent depuis 2012 », selon Frantz Yvelin. En août, elle disposait de près de 25 millions d’euros de trésorerie.

Aigle Azur arrêtera sa desserte du Portugal à partir de fin octobre, prévoit son président. Le projet de cession de cette activité, qui représente 15 à 20% de l’activité totale et 25 à 30% au départ d’Orly, a été présenté au Comité d’entreprise le 5 août, et une décision devrait être prise dans les deux mois.

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