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La Réunion repart à petite allure

Avec les vacances scolaires, l’activité touristique reprend quelques couleurs sur l’île de la Réunion, du fait toutefois du tourisme affinitaire. Les individuels demeurent eux inquiet de revenir, la faute, selon les professionnels locaux, au ministère de

 

Après une profonde crise liée à l’épidémie de Chikungunya, le tourisme à la Réunion retrouve quelques couleurs. Cette reprise repose cependant davantage sur le tourisme affinitaire que sur les individuels qui ont toujours quelques inquiétudes vis-à-vis de ce maudit moustique. Avec moins d’une dizaine de cas par semaine contre plusieurs dizaines de milliers l’an dernier, l’épidémie est terminée pour les Réunionnais interrogés sur place à l’occasion de l’assemblée générale du Snav Nord-Picardie. Nous avons un sentiment d’abandon après le battage médiatique qui a existé il y a un an, témoigne Catherine Frécaut, DG de Bourbon Voyages. Rien n’a été fait en Métropole pour annoncer la fin de l’épidémie notamment de la part du ministère de la Santé, qui s’en tient au principe de précaution.

La crise a eu un fort impact sur l’offre d’hébergement (4 800 lits), dont 30% est encore fermée à ce jour (comme Les Créoles). Les hôtels rouvrent au compte gouttes et d’autres vont changer de positionnement. Le groupe hôtelier Apavou transforme ainsi ses établissements des Aigrettes et le Grand hôtel des Mascareignes en résidences de tourisme. Le plus dur est derrière nous, Mais quand la reprise sera vraiment là, nous aurons des problèmes d’offre, analyse Pierre-Yves Moreau, président du Snav Réunion, d’autant que la crise a entraîné une fuite du personnel qualifié dans l’hôtellerie-restauration. Heureusement, des projets sont encore en cours. Le propriétaire de l’hôtel Iloha va ouvrir en mars le Palm Hotel and Spa, un 4* d’une soixantaine de chambres à Grande Anse. Pour les professionnels, ce nouvel établissement permettra de vendre des combinés Maurice-Réunion (avec une arrivée sur l’aéroport de Saint-Pierre Pierrefonds) pour découvrir le sud sauvage de l’île, le volcan, le cirque de Cilaos…

La reprise de l’activité touristique est d’autant plus vitale pour l’activité de l’île qu’elle représente le premier secteur à l’export depuis 1998. Avant la crise, le secteur avait généré 300 M€ de recettes en 2005, avec 409 000 visiteurs (dont 160 000 touristes d’agrément). Il représente 7 000 emplois directs et 10 000 indirects. Les professionnels du tourisme, qui réalisent 80% de leur activité avec la Métropole, ont été confrontés l’an dernier à des baisses d’activité de 30 à 70% selon les sociétés. Les réceptifs affichent notamment une chute de 60% de chiffre d’affaires. Il faut avoir un positionnement novateur pour faire repartir la destination et se démarquer de nos concurrents, estime Catherine Frécaut. Un rapport doit être remis prochainement par l’Odit France sur ce sujet. Il devrait préconiser le développement d’une offre de qualité et la mise en place d’une communication de « marque ». Quatre pôles ont été définis pour faire revenir les touristes : la mer, le volcanisme, la culture et le patrimoine, et la botanique. La Réunion doit également diversifier sa clientèle touristique à l’international. Il lui faudra pour cela régler la question des vols d’Air France au départ d’Orly alors que son hub européen est situé sur la plate-forme de Roissy. L’enjeu est d’autant plus important que les clients belges, suisses et allemands commencent à découvrir l’île grâce aux opérations de promotion réalisées sur ces marchés par Maison de la France. Il faut rester positif, la crise nous a permis de prendre conscience de nos manques et de nos faiblesses, conclut Pierre-Yves Moreau.

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