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La Louisiane sinistrée pour des mois

Dix jours après le passage du cyclone Katrina, la Nouvelle-Orléans et l’Etat de Louisiane sont toujours en proie au chaos. Les TO français ne déploreraient aucune victime parmi leurs clients.

Qui aurait imaginé que la première puissance mondiale serait obligée un jour d’accepter l’aide internationale, jusqu’à celle du Bangladesh, l’un des pays les plus pauvres du monde ? Cette situation, consécutive au passage du cyclone Katrina en Louisiane et au Mississippi, est à la hauteur de la pire catastrophe naturelle à laquelle les Etats-Unis aient dû faire face dans leur histoire.

Inondée à 80 % après l’effondrement des digues contenant les eaux du lac Pontchartrain, la Nouvelle-Orléans paie le tribut le plus lourd. L’ampleur des dégâts est telle (sans parler du nombre de victimes que les autorités s’attendent à découvrir lorsque les eaux se retireront) que personne n’ose évoquer un retour des touristes avant début 2006. La destination risque de rester sinistrée plusieurs mois, voire une année, estime René-Marc Chikli, président de l’Association de tour-opérateurs (Ceto). Toutes les conventions sont annulées jusqu’au 1er décembre et le New Orleans Convention and Visitors Bureau a d’ores et déjà décidé de délocaliser ses bureaux à Baton Rouge (la capitale de la Louisiane) jusqu’à nouvel ordre.

Difficile pour le moment de se faire une idée de l’état du parc hôtelier sur place (38 000 chambres). Concentrés pour l’essentiel dans le Quartier français et dans celui des affaires (tous deux situés au-dessus du niveau de la mer et donc partiellement épargnés par les inondations), les hôtels en état sont pour l’heure réquisitionnés pour accueillir les réfugiés. Même chose pour l’aéroport Louis-Armstrong, encore aux mains de l’armée pour plusieurs jours. Au total, ce sont près de 1,4 million de personnes, soit presque toute la ville, qui ont été (ou seront) déplacées vers d’autres régions du pays…

Très peu de clients français rapatriés

Du côté de l’Office de tourisme des Etats-Unis à Paris (The Visit USA Commitee), le mot d’ordre est à la prudence tant que l’on ne connaîtra pas avec précision la réalité de la situation sur place. Le Ceto précise seulement que tous les clients présents dans la région qui ont acheté un forfait ont pu être prévenus avant l’arrivée du cyclone et redirigés vers d’autres Etats. Des propos confirmés par Kuoni/Vacances Fabuleuses et Vacances Transat, qui ne rapportent que quelques cas de clients ayant préféré être rapatriés en France. La seule inconnue concerne les passagers qui ont acheté un simple vol sec, libres d’organiser leur voyage à leur rythme et donc plus difficiles à situer. Pour ce qui est de l’avenir, beaucoup de questions restent en suspens, à commencer par la date de retour des compagnies aériennes (American Airlines, Delta, Continental…) à la Nouvelle-Orléans.

Savannah et Charleston comme alternative

Reste que personne n’imagine précipiter le retour des touristes dans la région avant le printemps prochain, au risque d’apparenter ces séjours à du voyeurisme. De toute façon, le dernier trimestre de l’année est perdu, explique Jean-Marie Douau, directeur général de Jetset. Toute la côte de la Nouvelle-Orléans à Pensacola, à la frontière entre l’Alabama et la Louisiane, est sinistrée.

Pour pallier cette situation, le TO va promouvoir auprès de ses clients la Caroline du Sud et la Georgie, où les villes coloniales de Savannah ou Charleston constituent une vraie alternative à la Louisiane. Même si elles ne présentent pas le même charme désuet et empreint de culture française que la Nouvelle-Orléans, qui attire chaque année entre 75 000 et 80 000 Français (la France constitue le deuxième marché européen, derrière le Royaume-Uni). Le bureau du Visit USA Commitee devait se réunir cette semaine afin de faire un point plus précis sur la situation, mais également pour réfléchir à un plan de relance de la destination, en partenariat avec les tour-opérateurs spécialistes.

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