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La France relève le défi des congrès

Le contexte : Comptant parmi les destinations leaders pour l’organisation de congrès, la France doit conforter son attractivité et attirer davantage d’événements internationaux.L’enjeu : La concurrence internationale se fait de plus en plus vive. La destination doit adapter sa stratégie pour bénéficier pleinement de cette manne touristique et économique.Les objectifs : Moderniser les infrastructures, augmenter les capacités hôtelières, amél

Avec 35 000 participants attendus fin août 2011, à Paris, le congrès de la Société européenne de cardiologie, le plus important jamais organisé en France, a déjà des allures de grand oral. « C’est un challenge qu’il faut impérativement relever, analyse Christian Mantei, le directeur général d’Atout France. L’accueil de cette manifestation est une vraie vitrine du savoir-faire français en matière de congrès. Si cela se passe bien, d’autres pourraient suivre. Inversement, si cela se passe mal… » C’est dire l’importance des enjeux.

« UN ACCUEIL PERSONNALISÉ »

« Quand un touriste ordinaire dépense 100 E, un touriste de salon en dépense 200, et un touriste de congrès 400 », soulignait ainsi Philippe Augier, le président de France Congrès, dans son rapport Pour une politique gagnante des grands événements*, remis au président de la République en avril 2009. Permettant de lisser la saisonnalité, les congrès ont aussi une influence majeure en termes d’image de la destination. Et au-delà de ces retombées touristiques, c’est toute l’économie qui bénéficie de l’organisation de ces grands événements, et notamment des congrès, martèle Philippe Augier. « Qui s’avise, s’interroge-t-il, que (…) ce secteur représente 7,8 MdsE de retombées économiques et que 300 000 emplois relèvent du secteur des foires, salons et congrès, soit un peu plus que les emplois de l’industrie automobile, au sens strict ? » Dans un contexte de concurrence croissante, notamment celle d’autres capitales européennes ainsi que de certaines villes d’Asie, Atout France a fait du développement des « événements professionnels à forte valeur » une de ses priorités. Pour ne pas se laisser distancer, la France doit améliorer son offre. « Paris est une grande ville. Auparavant les congressistes ne se sentaient pas assez accueillis, et trouvaient que leur événement n’était pas suffisamment visible », détaille Marta Gomes, directeur du département congrès de Viparis, gestionnaire des dix principaux centres de congrès et lieux d’expositions, événements et spectacles de Paris et de l’Île-de-France. « Nous avons donc lancé le Pack Accueil, grâce auquel ils disposent désormais d’un accueil personnalisé dès l’aéroport, grâce à de la signalétique et à des hôtesses, poursuit-elle. Nous proposons aussi des navettes pour les acheminer. » Soigner ces aspects n’a rien d’un détail : il s’agit de la première image que le congressiste se fait de la destination. « Le Pack nous a permis d’accueillir plus d’événements, et on s’attend à des belles années 2011 et 2012 », analyse Marta Gomes. Reste à faire des efforts en matière d’infrastructures. Si la France est le premier pays européen pour les équipements, ceux-ci sont souvent vieillissants ou inadaptés. Ainsi, 40 % des infrastructures datent d’avant 1989, selon un rapport d’Atout France. Un certain nombre de sites s’engagent ainsi dans des démarches de certification qualité et développement durable, pour répondre à des exigences croissantes dans le domaine, et se distinguer de la concurrence. Et cette année, France Congrès souhaite encourager ses adhérents à s’engager sur cette voie. Les lieux d’accueil sont aussi inégalement répartis sur le territoire. En 2009, 50 % de l’offre nationale de congrès se trouvait en Île-de-France. « Il est important de continuer de soutenir Paris, mais aussi de faire émerger d’autres destinations de congrès », souligne ainsi Christian Mantei. Des ouvertures de sites sont annoncées à Rennes, Bordeaux, Annecy ou Rouen, par exemple, ainsi que des agrandissements, comme Euro Expo, à Lyon. Et, faute de structures adaptées, la destination n’accueille quasiment pas de très grands congrès internationaux. « Il y a des limites, c’est évident, mais on peut aussi y apporter des solutions, souligne Jacques Danger, président Package Organisation de GL Events. On peut renforcer les infrastructures, en ajoutant des structures temporaires, ou augmenter les capacités hôtelières, en faisant venir des bateaux de croisières, par exemple. » Pour pallier les difficultés de réservation de chambres lors de grands événements, Viparis a signé, en 2009, une charte simplifiant les négociations avec les principaux groupes hôteliers, qui proposent désormais des conditions spécifiques aux congressistes. Une initiative qui illustre la dynamique de fédération des acteurs du secteur pour attirer les grands événements, même s’il reste du chemin à parcourir. Manque surtout, aux yeux des professionnels, une réelle implication politique, surtout au niveau local.

« DANS UNE LOGIQUE DE COMPLÉMENTARITÉ »

« Il faudrait un appui plus fort pour valoriser la filière congrès et l’importance de ses retombées économiques. Quand on voit ce qui se fait à l’étranger, on se dit que ça pourrait être plus important », reconnaît Marta Gomes. « Atout France répond à sa mission de communication, mais je crois que chaque destination doit avoir sa propre activité de lobbying, insiste Jacques Danger. Dans certaines villes on sent une vraie mobilisation. Il faut aussi que chacune d’elle soit ambassadrice de la destination France en général, et se situer dans une logique de complémentarité, plutôt que de concurrence. Soyons astucieux pour vendre ensemble la destination. Peut-être faudrait-il qu’on réfléchisse à des États généraux de la filière. Nous avons de nombreuses opportunités d’échange dans notre métier, c’est déjà un atout. »

* Le rapport est téléchargeable sur : www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/094000461/index.shtml

« Il est important de continuer de soutenir Paris, mais aussi de faire émerger d’autres destinations de congrès »

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