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La France en panne

Le nombre de touristes étrangers en 2005 est resté identique à celui de 2004 et 2003. La France perd, depuis trois ans, des parts de marché.

La France fait de moins en moins rêver les étrangers. Selon un premier bilan 2005, présenté le 25 janvier par Léon Bertrand, ministre du Tourisme, le nombre de touristes étrangers dans l’Hexagone aurait progressé de 0,5 % l’an dernier, aux environs de 75 millions.

Un chiffre encore provisoire et approximatif, quand on sait qu’en 2004, notre beau pays avait enregistré 75,12 millions de visiteurs étrangers, en toute petite progression de 0,1 % par rapport à 2003… année au cours de laquelle le nombre d’arrivées avait pourtant accusé une baisse de 2,6 % par rapport à 2002. Le record de l’an 2000 (77,19 millions de touristes) semble désormais bien loin !

Le retour des touristes à haute contribution

Ce qui pouvait apparaître comme un accident de parcours ressemble donc de plus en plus à une tendance de fond. Une situation d’autant plus inquiétante que dans le même temps, le tourisme international a progressé de 5,5 % en 2005, selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Même l’Europe occidentale qui, avec les Caraïbes, enregistrait la plus faible progression dans le monde entre janvier et juillet 2005 par rapport aux sept premiers mois de 2004, devrait s’enorgueillir d’une hausse de 2,9 %… La France perd donc d’année en année des parts de marché. Pour expliquer ces résultats, le ministre évoque la légère érosion du tourisme européen en provenance d’Allemagne, de Hollande et, dans une moindre mesure, d’Italie.

La situation est cependant un peu meilleure pour le secteur hôtelier, dont la fréquentation s’est sensiblement redressée en 2005 avec un volume de nuitées étrangères de 71,9 millions (sur un total de 512 millions, tous modes d’hébergement confondus) en hausse de 2,1 % – après une baisse de 1 % en 2004. Si, encore une fois, les Européens sont en léger recul (-0,6 %), les touristes à fort pouvoir d’achat (Américains, Japonais et en provenance du Proche et du Moyen-Orient) sont en nette hausse, avec des progressions respectives de 10 %, 8 % et 6 %. Mieux, la durée de leur séjour est logiquement plus longue. Ce retour des visiteurs à haute contribution explique en partie la hausse de 3,5 % des recettes touristiques l’année dernière (à 34 milliards d’euros), mais également la forte progression du nombre de nuitées étrangères dans les hôtels 4b et 4b luxe (+7,3 %).

A l’autre extrémité, les hôtels économiques ont également réalisé une excellente performance avec un bond de 7,9 % de leurs clients étrangers. Avec, à la clé, le plus fort taux d’occupation de toutes les catégories d’hôtels (65 % en moyenne en 2005). Souvent situés le long des grands axes routiers, ils bénéficient du passage des vacanciers qui traversent la France pour se rendre en Espagne ou en Italie.

Pas de surprise en régions

Côté régions, l’Ile-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur affichent les meilleures performances. Avec 34,3 millions de nuitées, Paris et sa couronne cumulent près de la moitié des nuitées hôtelières des étrangers en France, en hausse de 3,6 % par rapport à 2004. Au second rang, Paca réalise un beau redressement, après une année 2004 pénalisée par la canicule. Elle totalise 8,9 millions de nuitées, en progression de 4,1 % sur un an.

Les régions situées sur le littoral Nord-Ouest et l’Alsace enregistrent en revanche des performances nettement en baisse. Ainsi, la Bretagne accuse un fléchissement de 7,7 % du nombre de nuitées étrangères (1,4 million). Même constat pour la Basse-Normandie, qui subit le contre-coup de la forte affluence enregistrée en 2004 lors de la commémoration du soixantième anniversaire du Débarquement (1,3 million de visiteurs, -18,4 %). Enfin, le Nord- Pas- de-Calais perd le bénéfice de l’effet Lille 2004 (1,8 million, -10,5 %).

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