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L’Île Maurice reprend la main

Le gouvernement de l’île passe à l’offensive pour protéger l’image de qualité de son produit. Une (re)prise en main bien tardive, dont le groupe hôtelier Apavou, et par extension, Marmara, sont les premiers à faire les frais.

Après les rappels à l’ordre, la sanction. Depuis fin octobre, le ministère du Tourisme mauricien s’est lancé dans ce qui pourrait être une opération de nettoyage de son secteur hôtelier. Premier visé, le groupe Apavou a été contraint de fermer une partie de son hôtel Le Mornéa. Officiellement, explique Jean-Luc Hélary, directeur général d’Apavou Hotels, « c’est pour une raison purement administrative, une licence manquante ». Mais la version des autorités touristiques mauriciennes est sensiblement différente. « Cet hôtel n’est pas à la hauteur des exigences de qualité de la destination », lâche Robert Desvaux, président de la Mauritius Tourism Promotion Authority.

S’il est pour l’instant la première victime, le Mornéa n’est cependant pas le seul hôtel dans la ligne de mire. « Plusieurs autres sont sous surveillance et nous leur avons donné quelques jours pour se mettre à niveau », poursuit Robert Desvaux. Selon lui, les griefs portent principalement sur le niveau de formation des personnels ou les procédures de sécurité et d’hygiène. Et il lance un avertissement très clair : « Nous allons être très durs. Si nos exigences ne sont pas satisfaites, nous fermerons dès la semaine prochaine d’autres hôtels. » Parmi eux, pourraient figurer certains autres établissements du groupe Apavou.

Mais plus qu’une reprise en main, ce tour de vis des autorités mauriciennes ressemble davantage à une prise de conscience tardive. Depuis plusieurs mois, les professionnels du tourisme, en particulier en France, se plaignent en effet du manque de gouvernance du secteur par les pouvoirs publics de l’île. « Ils n’y connaissent rien, confiait fin septembre le directeur d’une agence spécialiste. Ils pensaient que Corsairfly aller leur amener de la clientèle haut de gamme, et ils ne savent rien des hôtels clubs. » Aussi étonnant que cela puisse paraître, Robert Desvaux lui-même reconnaît que la classification des hôtels était jusqu’à présent laissée aux bons soins des TO. « Mais nous en préparons une qui devrait être opérationnelle d’ici mars prochain », confie-t-il.

UNE CLIENTÈLE DE MILIEU DE GAMME NON SOUHAITÉE ?

Le contexte économique des dernières années explique sans doute en partie que la destination ait tardé à sévir. Alors même que le ministère du Tourisme n’a cessé de critiquer l’arrivée de Marmara dans l’île, fin 2008, il a dans le même temps fait reposer sa stratégie anti-crise sur l’ouverture à la clientèle de milieu de gamme. Une démocratisation qu’il semble tenter aujourd’hui d’enrayer. Car en mettant Apavou en accusation, le gouvernement fait aussi passer, indirectement, un message à Marmara, qui a justement installé depuis deux ans son club maison dans les murs du Mornéa. Soucieux d’éviter l’amalgame, le TO se retourne à mots couverts contre l’hôtelier. « Nous avons des problèmes récurrents dans cet hôtel depuis plusieurs mois, confie le service communication de Marmara. Nous sommes désormais en négociation avec Apavou pour faire évoluer le contrat, mais s’il n’y a pas de solution, nous fermerons le club, et nos clients seront logés cet hiver dans les hôtels de la production Nouvelles Frontières. » NF, de son côté, a dénoncé son contrat avec le groupe hôtelier il y a un mois et demi. Accusé de toutes parts, Apavou reconnaît que, conformément à une stratégie établie l’an dernier, il souhaite se désengager de la gestion hôtelière pour ne garder que les murs de ses établissements. Trois d’entre eux ont déjà été repris en location par les groupes Sun Resorts et Attitude Resorts. Les autres sont officiellement sur le marché. Le groupe NF/Marmara, que la rumeur disait intéressé, a démenti vouloir les reprendre. Pour l’instant en tout cas.

« Nous avons vendu l’an dernier le Club Marmara Mauritius à deux reprises et avons eu à chaque fois un litige. »

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