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Inchino

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Tous les acteurs de la croisière montrent actuellement une pudeur bien naturelle face au drame du Concordia qui a frappé les clients de Costa et la compagnie elle-même. Elle est d’autant plus compréhensible que le naufrage de ce bateau affecte tout un secteur. Sur le site Facebook de la compagnie, le public est également compréhensif vis-à-vis de l’armateur. Pour le moment. L’opinion montre déjà moins de solidarité que de doutes. Si les faits tels que rapportés par les déjà nombreux témoignages, les vidéos amateurs, les conversations téléphoniques, etc., se confirment, ce naufrage apparaît de plus en plus choquant. Et il faudra très vite apporter aux clients et aux vendeurs d’autres réponses que des mines contrites. Car du doute à la défiance, il y a un pas que les naufragés qui ont déjà franchis en portant plainte contre Costa. Ils ne vont certainement pas se satisfaire d’un seul accusé dans le box, en la personne du commandant de bord, Francesco Schettino. Pas de doute que dans les jours à venir, à chaque préconisation de ventes d’une croisière en agences de voyages, les clients oublieront vite le comportement aberrant d’un commandant pour interroger les vendeurs sur les procédures d’évacuation, la formation des équipages, la qualité des contrôles effectués par les compagnies, etc. Ils voudront ainsi être convaincus que ces géants des mers ne sont pas des souricières en cas de problème. Quelles réponses apporter ? Les compagnies sont désormais au pied d’une montagne. D’une part, sur ces immeubles flottants, elles n’ont pas eu jusqu’à présent suffisamment de retour d’expériences comme dans l’aérien pour éventuellement améliorer les procédures, les bateaux et la formation des hommes. D’autre part, elles sont désormais devant une crise de maturité, la première du genre, qu’il faut savoir gérer mais qui est déjà sanctionnée par le marché. Sur la base d’une première évaluation de la facture globale (perte d’exploitation, assurances, indemnisations, etc.) à 750 ME, Morgan Stanley estime qu’avec la hausse du cours du pétrole et les éventuels renforcements réglementaires engendrés par le naufrage du Concordia, cette catastrophe pourrait conduire Carnival, la maison-mère de Costa, à perdre la moitié de sa valeur boursière. Sans parler des pertes pour les destinations tirant leurs revenus touristiques du tourisme de croisière. Tout ça pour une inchino (une révérence) faite trop près des côtes ?

Ce naufrage apparaît de plus en plus choquant.

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