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Handicap : le tourisme a tout à gagner à s’adapter

26,4 % des Français souffrent d'une incapacité, d'une limitation d'activité ou d'un handicap. "Rendre le tourisme accessible est l'un des problèmes les plus urgents du secteur" pour l'Organisation mondiale du tourisme (OMT).

Environ 15% de la population mondiale présente une infirmité. Et selon l'Insee, 26,4 % des Français souffrent d'une incapacité, d'une limitation d'activité ou d'un handicap. "Rendre le tourisme accessible est l'un des problèmes les plus urgents du secteur", a ainsi rappelé Zoltan Somogyi, de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), lors d'une conférence au salon international du tourisme de Berlin (ITB).

D'autant que le vieillissement de l'Occident, qui fournit une grande partie des touristes, va entraîner une augmentation des besoins en terme d’assistance dans les prochaines années, notamment pour les plus de 50 ans, qui sont aussi les principaux clients des agences de voyages.

Une bonne opportunité de faire des affaires

De fait, au-delà des contraintes réglementaires et de l’éthique, le tourisme a tout à gagner à s’adapter à cette clientèle. "C'est aussi une bonne opportunité de faire des affaires", a expliqué Zoltan Somogyi.

Selon les estimations du Réseau européen pour le tourisme accessible (Enat), 13,6 milliards de dollars par an sont dépensés en voyages par des Américains dont la mobilité est réduite, environ 2,5 milliards d'euros par des Allemands et 2 milliards de livres par des Britanniques. "Ces dernières années, environ 37% des personnes handicapées en Allemagne ont décidé de ne pas voyager faute d'installations accessibles, mais 48% voyageraient davantage si celles-ci existaient, et 60% seraient même prêts à payer plus", explique l'Enat.

Des estimations à prendre avec précautions

"Je ne pourrais pas donner de chiffres précis en France, ceux de l'Enat sont des estimations, à prendre avec précautions. Mais il y une demande", a ajouté Annette Masson, présidente de l'association Tourisme et Handicaps.

"Environ 40% des citoyens européens connaissent quelqu'un avec une infirmité. Donc si un hôtel n'est pas accessible, il ne perd pas seulement un visiteur, mais trois ou quatre", a souligné Rüdiger Leidner, membre du Conseil allemand de coordination pour le tourisme pour tous (Natko).

L’adaptation ne se limite pas aux hôtels

L’adaptation du secteur touristique ne se limite toutefois pas aux hôtels. Comme le notent plusieurs experts, "on ne part pas en vacances pour rester dans une chambre d’hôtel, il faut aussi qu’il y ait des activités adaptées". Transports, commerces, musées, parcs naturels, activités sportives, services de santé, guides… Le travail, même s’il a commencé dans certains pays, est immense.

La France a ainsi lancé un label, "Destinations pour tous", qui doit favoriser le développement de destinations "où la mise en accessibilité concerne à la fois les sites touristiques mais également tout l’environnement des services indissociables du territoire". "On m'appelle tous les jours à ce sujet. Les territoires, les professionnels et les clients attendent. Mais nous attendons que les deux ministères en charge du projet lancent officiellement le label", rappelle Annette Masson. Le projet a déjà près de deux ans de retard.

La France ne sera pas au rendez-vous de 2015

Par ailleurs, le 6 mars dernier, Claire-Lise Campion a remis un rapport attendu : "Réussir 2015 : accessibilité des personnes handicapées au logement, aux établissements recevant du public, aux transports, à la voirie et aux espaces publics".

Celui-ci reconnait clairement que "la France ne sera pas au rendez-vous de 2015" et propose de mettre en œuvre plusieurs dérogations à l'obligation d'accessibilité universelle. "Accorder un délai supplémentaire de sept années est inacceptable", a commenté l'Association des paralysés de France (APF).

Zoltan Somogyi, de l'OMT explique également que les fournisseurs de services touristiques, effrayés par les surcoûts que peuvent engendrer de nouvelles installations, doivent accomplir un "changement d'attitude".

Communiquer sur l'offre accessible

Michael Jochim, d'Europcar, affirme ainsi que les investissements réalisés dans des véhicules pouvant être conduits par des personnes handicapées, n'ont pour l'instant rien rapporté. "Nous pourrons parler de rentabilité quand nous aurons un plus grand réseau", reconnaît M. Jochim, qui dit recevoir entre 30 et 50 demandes pour de tels véhicules par semaine en Allemagne.

"C'est le serpent qui se mord la queue, relève Annette Masson. Les professionnels expliquent qu'il n'y a pas de demande. Mais encore faut-il qu'ils communiquent sur leurs offres. Je viens d'apprendre, par exemple, alors que nous avons un stand Tourisme et Handicaps depuis plusieurs années, que Viparis mettait gratuitement à disposition des visiteurs des fauteuils. Je suis sûre que les organisateurs de salons ne le savent pas".

 

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