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ADP signe un accord, mais une grève est maintenue vendredi 16 juillet

La direction d’ADP, gestionnaire de Roissy-Charles-de-Gaulle et d’Orly, a signé un accord de fin de conflit avec des syndicats. La CGT maintient son préavis.

La direction du Groupe ADP, gestionnaire des aéroports parisiens de Roissy-Charles-de-Gaulle et d’Orly, a signé mardi un accord de fin de conflit avec les syndicats CFE-CGC et Unsa, après plusieurs journées de grève contre un projet de baisse des rémunérations, a-t-elle annoncé à l’AFP. La CGT, l’un des trois syndicats représentatifs du groupe, « n’a pas signé » cet accord et son préavis de grève « est maintenu pour vendredi », a précisé à l’AFP Frédéric Lecocq, son délégué syndical chez ADP.

Pour la direction, cet « accord majoritaire », compte tenu des signatures de la CFE-CGC et de l’Unsa, est « équilibré » et « fondé sur des concessions mutuelles », a déclaré à l’AFP Edward Arkwright, directeur général exécutif du groupe qui gère aussi l’aéroport du Bourget.

Cet accord va permettre de « sortir du conflit, d’apporter un certain nombre de garanties aux salariés », a souligné le dirigeant. Il « encadre la mise en œuvre du projet PACT » (plan d’adaptation des contrats de travail) et « donne de la visibilité » aux salariés, a-t-il ajouté. Le texte apporte des « garanties sur l’encadrement des baisses de rémunération et leur limitation dans le temps » et inclut « la renonciation à la clause de mobilité géographique » initialement prévue, a-t-il indiqué.

Pas plus de 5 % de baisse de salaire

Avec cet « encadrement », les salariés « sont assurés qu’ils ne perdront pas plus de 5% en 2021 (et) en 2022 », puis pas plus de « 4% en 2023 », avec « garantie de retrouver leur rémunération de 2019 au plus tard en 2024, sans condition ». Si « le niveau de 2019 » de trafic dans les aéroports « était retrouvé avant » 2024, « alors cette garantie s’appliquerait », a-t-il dit.

« C’est un accord qui nous permet désormais de nous concentrer sur l’accueil des passagers, sur la préservation de la situation de l’entreprise et de pouvoir se préparer aux enjeux qui suivront cette période de trois ans et cette sortie de crise », a estimé Edward Arkwright.

L’Unsa a noté de son côté que ce « protocole de fin de grève ne satisfera pas toutes (ses) demandes ». Mais « il permettra la limitation de la modération salariale et annulera la clause de mobilité géographique prévue dans le projet PACT, entre autres », a réagi auprès de l’AFP Laurent Garssine, secrétaire général de l’Unsa chez ADP.

700 départs non remplacés

Appelant les salariés à la grève et à manifester à plusieurs reprises en juin et juillet, les syndicats CFE-CGC, CGT et Unsa d’ADP avaient réclamé ensemble le retrait du PACT qui prévoit une baisse ou une suppression de primes. En cas de refus de modification de leur contrat de travail, les salariés risquent un licenciement via un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

C’est le 2 juillet que l’impact de la grève a été le plus fort sur le trafic aérien : les vols avaient été retardés d’une heure en moyenne à Roissy et de quinze minutes à Orly. Vendredi dernier, le mouvement a été marqué par l’interpellation de plusieurs responsables syndicaux à Orly, pendant une manifestation, avant d’être relâchés. Mais la grève n’avait eu aucun impact sur le trafic, hormis quelques vols retardés. Samedi, dernière journée d’appel à la grève, le trafic était normal.

La direction juge le PACT nécessaire pour réaliser des économies alors que la pandémie de Covid-19 a plombé le transport aérien et l’activité du groupe majoritairement détenu par l’État. Face à cette crise, la direction avait signé en décembre, avec les trois syndicats représentatifs, un accord de rupture conventionnelle collective (RCC) prévoyant 1 150 départs de salariés en 2021, dont 700 non remplacés.

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