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France : plus de 400 hôtels meurent chaque année

Même si les nouvelles capacités limitent l’ampleur du recul, les disparitions d’hôtels sont nettement plus nombreuses que les ouvertures.

Lors de la conférence annuelle du cabinet In Extenso Tourisme, Culture & Hôtellerie (TCH), le 6 février dernier au Cnit de La Défense, Samuel Couteleau, directeur associé, a évoqué les « 10 000 à 11 000 chambres et logements de résidences mis sur le marché chaque année à l’échelle nationale ». Un chiffre qui illustre la dynamique de création. En creux pourtant, une autre réalité apparaît, celle des fermetures d’hôtels, plus nombreuses que les ouvertures.

En aparté, Samuel Couteleau précise que si 147 hôtels sont créés en moyenne chaque année, représentant environ 7 600 chambres supplémentaires, 425 établissements disparaissent dans le même temps, soit près de 9 000 chambres retirées du marché. Les fermetures touchent d’abord les petites villes et les territoires ruraux, qui concentrent 36% des disparitions. Les grandes villes et villes moyennes représentent 19% des établissements concernés, l’Île-de-France 18% et les très grandes agglomérations 12%.

Un solde annuel négatif malgré des ajustements

Au-delà des seules créations et disparitions, le parc évolue également à travers des « mouvements divers » : extensions de capacité, repositionnement d’établissements para-hôteliers en hôtels ou autres ajustements structurels. « Ces opérations génèrent un gain moyen de 630 chambres par an », observe le dirigeant.

En tenant compte de ces éléments, le solde reste toutefois négatif, avec un effritement de l’offre estimé à environ 770 chambres d’hôtels par an sur la dernière décennie.

Pour Samuel Couteleau, les créations et les mouvements complémentaires compensent presque les disparitions, sans pour autant inverser complètement la tendance. Les ouvertures apparaissent même indispensables pour maintenir l’équilibre global du parc.

Une fracture territoriale marquée

L’analyse géographique met en évidence une dynamique contrastée. Les grands territoires urbains, notamment l’Île-de-France et les principales métropoles, enregistrent un gain net de chambres. À l’inverse, les territoires ruraux subissent une contraction de leur capacité hôtelière. Cette évolution traduit en partie des difficultés de transmission et de rentabilité dans certaines zones moins denses, où les cessations d’activité sont fréquentes.

Sur le plan méthodologique, In Extenso précise qu’une « création » correspond à une construction neuve, à la reconversion d’un bâtiment sans usage hôtelier en établissement d’hébergement, ou à la remise en marché d’un hôtel resté fermé plus de cinq ans après travaux. Une « disparition » peut résulter d’un départ en retraite sans repreneur, d’une défaillance économique, d’un sinistre ou encore d’une reconversion, qu’elle soit sociale ou orientée vers des gîtes et chambres d’hôtes.

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