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Frais GDS : le risque de la contagion

Après Lufthansa et Ukraine International Airlines, à qui le tour ? Les agences de voyages peuvent légitimement se poser la question.

 

Lufthansa applique une surcharge de 16 euros sur les réservations GDS depuis le 1er septembre 2015. Désormais, Ukraine International Airlines lui a emboîté le pas le 13 avril, à hauteur de 9 dollars par segment. N’en déplaisent aux agences de voyages qui, sous l’égide de l’Ectaa et de l'ETTSA, ont décidé de porter plainte à Bruxelles. En attendant que la Commission européenne statue, les conseillers doivent expliquer aux clients que le surcoût facturé est imparable, voire réorienter la vente vers un concurrent du groupe allemand.

Comme le passage à la commission 0, l'idée pourrait faire des émules. United Airlines pourrait à son tour facturer les réservations transitant via la distribution, laisse entendre notre confrère Skift. Chez Air France, c’est pour l'instant silence radio. Le transporteur national sait qu’il ne peut pas mettre à dos un canal représentant 60% de ses ventes globales. "Comme tout le monde, nous allons suivre de près les conséquences de cette décision", avait déclaré en juin 2015 Pierre Descazeaux, alors DG France d'Air France, à L’Echo touristique. "Il existe un sujet (lié aux) coûts GDS. Mais nous n’allons pas suivre la décision de Lufthansa. Nous allons regarder".

Contre-productif

"Les compagnies ont vu leurs marges diminuer sur leurs ventes indirectes. Elles ont aussi constaté qu’elles pouvaient personnaliser leurs ventes directes", explique Dimitri Tsygalnitzky, directeur commercial de Sabre France. Sur leurs sites web, les majors et les low cost reprennent la main sur la relation commerciale. "Les GDS veulent aujourd’hui leur redonner de la valeur, rééquilibrer les choses", poursuit Dimitri Tsygalnitzky.

"Lufthansa et Ukraine International Airlines ont fait un coup d’éclat. Mais les agences ne pourront pas se connecter à leurs inventaires compagnie par compagnie". Autrement dit, les sites B2B des transporteurs ne peuvent suffire comme outil de travail. Ce serait contre-productif, un retour en arrière vers le système qui existait avant que les compagnies ne créent les GDS… "Le GDS garantit un contenu unique, martèle Georges Rudas, PDG d'Amadeus France. C’est le plus pertinent pour les agences de voyages".

Vers des fees yieldés ?

"Le modèle économique va évoluer. Sur un Francfort-Munich, il n’y a pas réellement besoin d’un GDS, estime toutefois le directeur commercial de Sabre. En revanche, pour un Francfort-Tokyo, nous sommes plus qu’utiles comme solution de comparaison". Les fees, facturés pour chaque réservation informatisée, pourraient-ils être yieldés, en fonction de la complexité du vol et la classe ? "C’est l’avenir". Avec des frais élevés quand la recherche a demandé une heure à un agent de voyages, et un coût nul ou faible pour un vol point-à-point en classe éco.

Un yield qui rappelle celui mis en place il y a quelques années, cette fois sur les booking fees facturés aux compagnies aériennes ((inclus dans les prix) : "Amadeus avait alors instauré des niveaux de fees en fonction de la valeur apportée à la compagnie, compte tenu de sa pénétration de marché", rappelle Georges Rudas.