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Espagne : le tourisme poursuit sa purge

Disparition du conglomérat Orizonia, plan social imminent chez Iberia… L’industrie touristique espagnole ne voit pas le bout de la crise. Et les survivants se nourrissent des restes.

La liste des entreprises espagnoles du tourisme achevées par la crise vient de s’allonger d’une ligne. La nouvelle victime, Orizonia, n’est rien de moins que le deuxième plus gros groupe du secteur, rassemblant sous son aile 950 agences (Vibo Viajes), des TO (dont Iberojet), une compagnie aérienne (Orbest Airlines), une chaîne hôtelière (Luabay)… Une galaxie de plus de 5 000 salariés, pesant près de 8 millions de clients et 2,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires par an.

Placé le 15 février en procédure de sauvegarde, le conglomérat a annoncé, la semaine dernière, son démantèlement et la vente par appartements de ses activités. Plombé par l’effondrement de la demande, il faisait face à une dette de plus de 600 M E (toutefois renégociée en janvier) et comptait sur un rachat pour survivre. Mais faute du feu vert de l’autorité de la concurrence, le groupe Globalia (numéro un du tourisme en Espagne, rassemblant notamment Travelplan et Air Europa), qui avait signé en décembre dernier un accord de reprise, a jeté l’éponge mi-février.

DES CONCURRENTS EN SURSIS

La chute pourrait laisser plus de 3 000 salariés sur le carreau. Ils viendront s’ajouter aux 3 800 licenciements annoncés chez Iberia, où le PSE, en cours de finalisation, doit débuter le 14 mars. À l’issue de la grève de la semaine dernière, un médiateur a été nommé mais le plan social n’est pas suspendu pour autant. La direction le juge inévitable pour éviter la disparition de la compagnie, qui a accumulé plus de 850 M E de dettes en quatre ans. La suppression de plusieurs lignes fait aussi partie du plan. Certaines vont cependant être reprises par Air Europa. Cette dernière est pourtant tout sauf en bonne santé, tirant d’ailleurs vers le bas l’ensemble de sa maison mère, Globalia, qui a basculé dans le rouge en 2012 avec une perte de 17 M EE(pour un CA d’environ 3 milliards d’euros). Pour faire face, le groupe poursuit les mesures de chômage partiel lancées l’an dernier, et a obtenu le 7 février l’autorisation de réduire de 15 % le salaire des pilotes d’Air Europa.

Globalia pourrait néanmoins profiter de la disparition d’Orizonia. Le groupe va en effet récupérer l’un des morceaux rentables de son concurrent : la chaîne hôtelière. Une partie des agences et de la compagnie aérienne devraient terminer dans l’escarcelle d’un autre colosse du secteur, Barceló, lui aussi confronté à de grandes difficultés (qui ont débouché sur une réduction des salaires et du temps de travail). Ces acquisitions devraient permettre de préserver 1 500 emplois. Mais ce grand ménage suffira-t-il à sauver les survivants ? Difficile d’y croire tant la demande est atone dans ce pays qui ne voit pas le bout de la crise. Tentant de la stimuler à coups de prix cassés, les opérateurs espagnols ont épuisé leur rentabilité. Et trouvent porte close quand ils demandent l’aide des banques…

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