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Echange de maison : HomeExchange vise, à terme, un million de membres

Trente ans après sa création, HomeExchange poursuit son essor en France comme à l’étranger. Nous avons interviewé son cofondateur Charles-Edouard Girard sur les ambitions de la plateforme, née en France sous le nom GuestToGuest.

L’Echo touristique : Pour HomeExchange, quel est le bilan 2022 ?

Charles-Edouard Girard : Nous avons enregistré environ 3 millions de nuitées en 2022, jusqu’à maintenant. Notre plateforme réunit 100 000 membres et 350 000 maisons actives. Notre objectif aujourd’hui, c’est de faire grandir notre communauté.

Nous sommes au début de la démocratisation.

HomeExchange a 30 ans. Qu’est-ce qui a changé depuis les débuts ?

Charles-Edouard Girard : Pour nous, ce qui a révolutionné l’échange de maisons se résume en trois points : les Guestpoints, qui représentent 70% des échanges, par définition non réciproques*. Deuxième point, nous faisons désormais payer au premier échange seulement. Troisième point, notre place de marché est devenue un vrai tiers de confiance. Nous vérifions tous les profils et les maisons. Nous avons mis en place une notation avant même Airbnb, ainsi qu’une garantie. C’était important pour accompagner et rassurer nos membres, auxquels nous offrons également un service client.

HomeExchange compte 100 000 membres. C’est un beau cap. Mais la démocratisation du segment de l’échange de maison, dont vous êtes le leader, n’a pas encore eu lieu…

Charles-Edouard Girard : L’échange de maison est un parcours très long. Nous n’avons pas beaucoup de maisons dormantes. Mais quand les particuliers s’inscrivent, ils peuvent mettre du temps avant de concrétiser leur premier échange : il faut parfois faire 6 à 7 demandes pour y parvenir. Quand les personnes sont convaincues, le concept fonctionne très bien. Que tu sois riche ou pauvre, jeune ou moins jeune, nous souhaitons que tout le monde fasse de l’échange de maison. C’est notre vision. Si nous ne parvenons pas à convaincre suffisamment de jeunes, par exemple, nous pourrions tout à fait envisager de créer un site différent pour eux. Dans le même esprit, pour satisfaire les propriétaires de très belles maisons, nous avons créé HomeExchange Collection, qui compte près de 300 membres. Toujours afin de démocratiser notre concept, nous avons aussi décidé de mener des campagnes TV, dès 2019.

Il faut que l’échange de maison devienne dans l’esprit des Français une pratique normale.

Quelle est votre vision à long terme de l’échange de maison ?

Charles-Edouard Girard : Il faut que l’échange de maison devienne dans l’esprit des Français une pratique normale. Nous sommes au début de la démocratisation. Nous avons 250 000 maisons actives, soit environ 10 fois moins qu’Airbnb. Il faut que nous progressions. En France, nous sommes déjà représentatifs du tourisme : environ 60% partent en France, le reste à l’étranger. J’imagine que nous pourrions atteindre 400 000 membres dans 3 ou 4 ans. Et un million de membres, à terme, c’est ma vision à long terme.

Vous étiez récemment au forum de Skift à New York. Quel était l’état d’esprit des décideurs présents ?

Charles-Edouard Girard : Ils se montrent très confiants. Pour les patrons de Booking, Expedia et Airbnb, 2022 est une bonne année. 2023 sera encore meilleure. Il n’y a pas un climat d’inquiétudes comme nous pouvons le ressentir en France. La guerre en Ukraine est finalement plutôt loin. L’énergie n’est pas un problème aux Etats-Unis, alors que notre inflation est notamment liée à cette question. Ce qui m’a aussi marqué, c’est la place très relative du tourisme responsable dans les prises de parole des grands patrons, même si les organisateurs du forum avait bien mis ce sujet à l’ordre du jour.

*Exemple d’échange non réciproque : un couple possédant une villa choisit le loft d’une famille, laquelle n’est pas intéressée par la villa. Alors, la famille reçoit en échange de son accueil un nombre déterminé de GuestPoints par nuitée d’hébergement. Il s’agit alors d’un échange non réciproque. Au début de GuestToGuest, seuls les échanges réciproques existaient, se traduisant dans notre exemple par un seul scénario possible : le couple choisit le loft, la famille la villa.

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