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Donald Trump va-t-il ralentir le rapprochement avec Cuba ?

Le président des Etats-Unis devrait annoncer ce vendredi à Miami des ajustements dans le rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba, initiée par Barack Obama en 2015.

Donald Trump le martèle depuis des mois : l’accord avec Cuba ne pourra pas rester en l’état sous sa présidence. Avare en précision, la Maison Blanche devrait dévoiler quelques pans de cette remise en question ce vendredi, à Miami, en Floride.

Parmi les pistes à l'étude : imposer de nouvelles restrictions sur les voyages d'Américains sur l'île, et limiter les possibilités de partenariats entre les entreprises américaines et certaines entités cubaines. Cependant, en Floride, Donald Trump va marcher sur des œufs : il devra d’un côté satisfaire une base anti-castriste, dont le soutien est sans faille depuis plusieurs mois, tout en ménageant le monde économique, ravi de pouvoir saisir toutes les opportunités cubaines qui s’offrent à lui.

Les emplois liés au tourisme menacés ?

"En développant les échanges économiques et en tirant des bénéfices, n'apportons-nous pas, directement ou indirectement, un soutien au régime ? Nous pensons que la réponse est oui", s’est ému Rex Tillerson, le chef de la diplomatie américaine, visiblement moins touché par la façon dont les droits de l’homme sont bafoués dans d’autres pays partenaires comme l’Arabie Saoudite ou la Turquie.

Sur le terrain, les ONG s’inquiètent d’un refroidissement des relations et de son impact sur les emplois créés par le rapprochement initié en 2015. Une cinquantaine de femmes entrepreneurs cubaines ont envoyé une lettre à Ivanka Trump, la fille du président américain, elle-même femme d’affaires. Dans leur missive, elles soulignent que "des millions de Cubains" ont bénéficié de la croissance du secteur privé dans l’hôtellerie, la restauration ou encore la programmation informatique.

L'administration Obama a assoupli nombre des restrictions qui étaient imposées aux Américains souhaitant se rendre sur cette île aux infrastructures touristiques en plein développement. Avec quelque 285 000 visiteurs en 2016 (+74% par rapport à 2015), ils sont devenus le troisième plus important groupe à la visiter, derrière les Canadiens et les Cubains installés à l'étranger. Selon des chiffres portant sur les trois premiers mois de l'année, la tendance s'est encore accélérée (+118% selon la télévision d'Etat cubaine).

Dans un rapport publié début juin, Engage Cuba, une ONG qui milite pour la fin de l’embargo, estime qu'une remise en cause du rapprochement engagé pourrait mettre en danger plus de 10 000 emplois américains dans le secteur du transport (aviation, croisières).