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Ce qui vous attend en 2005

Alors que le Syndicat national des agences de voyages et Air France viennent de s’entendre, tout est loin d’être réglé. Principal changement : l’instauration de frais de service devra se traduire par une révolution des esprits, pour les vendeurs comme pour les clients.

Après des mois de discussions, Air France et le Syndicat national des agences de voyages (Snav) sont finalement tombés d’accord sur le modèle économique qui régira les relations entre la compagnie et les agences de voyages en 2005. L’accord définitif a été signé le 23 juillet. Les agences vont désormais se préparer à cette révolution. Etat des lieux des principaux changements…

Quel est le nouveau système de rémunération ?

La commission de base de 7 % est supprimée et remplacée par des frais de dossier ou de service, perçus par l’agence directement auprès des clients. Pour autant, Air France continuera à verser une contribution aux agences agréées Iata (0,1 à 0,6 % du chiffre d’affaires réalisé avec la compagnie). Cette minicommission permanente sera complétée par deux mesures transitoires, du 1er avril 2005 au 31 mars 2006. Air France versera 1 euro aux agences sur tous les coupons (sauf tarifs négociés, TO et groupes), plus 1 euro supplémentaire pour les billets haute contribution. Enfin, le transporteur versera un montant forfaitaire de 0,75 euro par coupon pour les vols intérieurs pendant la première année de l’accord et 0,5 euro la deuxième année, pour compenser en partie la distorsion liée à la TVA.

Quand sera-t-il appliqué ?

La nouvelle politique sera applicable à compter du 1er avril 2005, pour au moins trois ans. Une campagne de communication grand public, financée par Air France, devrait être lancée quelques semaines avant.

Quel montant de frais doivent prendre les agences ?

Le 23 juin, Air France a rendu publics les frais qu’elle facturerait dans ses propres points de vente. Les montants varient de 5 euros pour un billet court courrier basse contribution vendu sur Internet, à 70 euros pour un billet long- courrier haute contribution. Libre aux agences de facturer les mêmes frais (par souci de simplification) ou de mettre en place une autre grille en fonction de leurs propres coûts ou de la concur- rence. Tout le monde sait que la grille d’Air France peut changer du jour au lendemain. C’est pour cela que Tourcom appliquera sa propre grille, qui s’inscrira dans la durée, prévient Richard Vainopoulos, PDG du réseau.

Faut-il craindre une hausse des tarifs ?

La suppression des commissions n’entraînera pas de hausse massive des tarifs, avait tenu à préciser en juin Christian Boireau, directeur général d’Air France. Pour compenser les frais de service, les tarifs devraient ainsi diminuer dans les mêmes proportions, assurant un prix final stable pour le client. Reste à savoir si les agences pourront accéder à l’ensemble des tarifs, comme c’est le cas jusqu’à présent. Air France pourrait être tentée de proposer des prix plus intéressants sur Internet.

Comment sera garantie la transparence des prix ?

Le Snav propose de facturer à part les frais de service, pour bien différencier ce qui relève du transport et du travail effectué en agence. Richard Vainopoulos préférerait voir apparaître un prix global. Dans la grande distribution, un client ne connaît pas la marge du distributeur sur le prix d’une boîte de petit pois. La solution pourrait être de travailler avec des billets no fare, comme cela existe pour les tarifs négociés, mais cette possibilité n’a même pas été évoquée. Tourcom étudie juridiquement ce point. Mais il semble que l’on s’achemine vers une facturation distincte.

Quelle va être la réaction des autres compagnies ?

Les compagnies concurrentes suivent généralement la politique commerciale, menée par le transporteur national. Les rivales d’Air France devraient donc suivre le mouvement après le 1er avril 2005.

Comment va évoluer le statut des agences ?

Le statut de mandataire, qui existait avec la commission de 7 %, est maintenu du fait de l’existence du versement de la minicommission de 0,1 à 0,6 %. Il permet de limiter la responsabilité de l’agence vis-à-vis des clients, qui ne reste responsable que de sa faute personnelle. Sur ce point, les avis divergent toujours. Ce n’est pas avec le versement d’une obole que les agences vont pouvoir être protégées vis-à-vis de leurs clients. Il aurait plutôt fallu que nous devenions de véritables courtiers, pour maîtriser le prix du billet, ce qui aurait permis de faire jouer librement la concurrence entre les compagnies, fulmine Richard Vainopoulos.

Peut-on espérer résoudre le problème de la TVA ?

La généralisation des frais de services va créer une distorsion de concurrence. En tant qu’entreprise de transport, Air France applique une TVA de 5,5 % alors qu’elle est de 19,6 % pour les agences. Le Snav et Air France ont fait une démarche auprès du ministère du Budget, mais il ne devrait pas se prononcer avant la fin de l’année.

Un alignement des deux régimes reste en théorie possible. Aux Pays-Bas, on considère que les frais de service pris en agence sont accessoires à la prestation de transport et suivent donc le même régime fiscal, conformément à une directive européenne de 1977.

Autre problème : la possibilité pour les agences spécialistes du voyage d’affaires de rétrocéder la TVA à leurs clients, ce qui nécessite une autorisation du mi

Faut-il craindre des faillites chez les agences ?

Jean-Pierre Mas, président d’Afat Voyages, estime que 20 % des agences pourraient mettre la clé sous la porte avec le nouveau système. L’impact du changement de rémunération devrait être néanmoins plus limité en France qu’aux Etats-Unis par exemple, les agences ayant eu près d’un an pour s’y préparer. D’après une étude que nous avons réalisée, nous estimons que 600 à 800 points de vente devraient disparaître sur les 5 000 existants, complète Richard Vainopoulos. En dehors des fermetures pures et simples, qui devraient principalement toucher les agences indépendantes, il est encore difficile d’évaluer le nombre d’agences qui abandonneront totalement l’activité billetterie faute de rentabilité, pour se concentrer sur la seule vente de produits touristiques.

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