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British Airways, Norwegian, SAS : les résultats des compagnies plongent

Pas un jour sans l’annonce de résultats négatifs. Les compagnies sont actuellement proches du point de rupture. Pourtant elles gardent espoir.

Après Air France-KLM et Lufthansa Group, c’est au tour d’IAG d’annoncer des résultats catastrophiques. Le groupe britannique, maison mère des compagnies British Airways et d’Iberia, a subi une perte record de 6,9 milliards d’euros en 2020. L’année précédente il avait affiché un bénéfice net part du groupe de 1,7 milliard d’euros, avant le choc de la pandémie.

La perte inclut des éléments exceptionnels liés aux « positions de couvertures de prix pétroliers et de changes » qui ont mal tourné l’an dernier vu le plongeon inattendu des cours du brut, des coûts de retrait de la flotte de vieux appareils, et des dépenses de restructuration, précise un communiqué. Le chiffre d’affaires a été divisé par trois à 7,8 milliards d’euros.

« Les mesures de restructurations se traduisent par la suppression de 10 000 postes chez British Airways – soit un quart des effectifs de juin dernier – et de 500 chez Aer Lingus », qui ont « pour l’essentiel quitté le groupe avant fin décembre ». Et ce malgré le système de chômage partiel gouvernemental qui indemnise les salaires à hauteur de 80% jusqu’à 2 500 livres.

Les liquidités fin décembre s’élevaient à 10,3 milliards d’euros, y compris une augmentation de capital de 2,7 milliards d’euros et 2 milliards d’engagements de prêts d’un organisme public britannique, UK Export Finance, et le groupe estime ce niveau suffisant pour tenir jusqu’à l’an prochain.

Norwegian plonge aussi

Parmi les compagnies en grande difficulté, Norwegian Air Shuttle. En lutte pour sa survie, elle a essuyé en 2020 la plus lourde perte de son histoire du fait de la pandémie de Covid-19 et d’énormes dépréciations d’actifs, selon un communiqué vendredi.

Actuellement sous la protection des lois irlandaise et norvégienne sur les faillites, la low-cost a accusé l’an dernier une perte nette de 23 milliards de couronnes (2,2 milliards d’euros), soit 15 fois celle enregistrée en 2019 (1,6 milliard de couronnes).

Au bord du gouffre, elle cherche actuellement à obtenir de ses créanciers une réduction massive de sa dette et engagements financiers, et à renaître dans un format réduit, abandonnant ses activités long-courrier où elle était pionnière dans le segment du low-cost au profit d’un recentrage sur le marché nordique. En France, 286 emplois sont menacés et les salariés sont sans nouvelles de la compagnie.

SAS elle aussi dans le dur

La compagnie aérienne scandinave SAS a annoncé jeudi une nouvelle lourde perte trimestrielle. Pour son premier trimestre décalé (novembre-janvier), SAS, en quête d’un nouveau PDG depuis janvier, a subi une perte nette de 2,05 milliards de couronnes (environ 200 millions d’euros), contre une perte de 861 millions un an plus tôt, indique le groupe dans son rapport trimestriel.

Le chiffre d’affaires, qui reflète le plongeon du trafic, a plongé de 77% sur un an à 2,28 milliards. Le nombre de passagers est tombé à à peine un million, un plongeon de plus de cinq millions sur un an et un nouveau recul de 900 000 par rapport au trimestre précédent.

Le PDG de la compagnie, Rickard Gustafson, avait annoncé le mois dernier son départ après dix ans à la tête de SAS, pour prendre la tête du groupe industriel suédois SKF.  Il affiche cependant son « espoir » que les restrictions vont pouvoir être réduites grâce aux campagnes de vaccination « et que nous verrons une hausse du trafic autour de l’été 2021 ». La compagnie indique préparer la réouverture potentielle de 180 destinations pour cet été, « principalement en Scandinavie et en Europe », dans l’hypothèse d’une amélioration des restrictions.

Les compagnies garde espoir

Car si les résultats sont actuellement très mauvais, les chiffres de l’été peuvent malgré tout être très bons !  « Nous savons qu’il y a une réserve de demande pour le voyage aérien et les gens veulent prendre l’avion », a insisté Luis Gallego, le PDG d’IAG. Comme son concurrents d’Easyjet, qui a vu ses réservations exploser après les annonces du gouvernement britannique, il demande l’instauration de normes sanitaires internationales pour l’aviation afin de « rouvrir le trafic aérien en sécurité ». 

Richard Hunter, analyste d’Interactive Investor, souligne que l’un des sujets d’interrogation pour le secteur est de savoir à quel point les voyages d’affaires retrouveront leurs niveaux d’avant la pandémie, vu le boom de la « culture Zoom », le développement du télétravail et de réunions à distance, bien moins chères et consommatrices de temps pour les entreprises.

Michael Hewson, de CMC Markets ajoute que le plus gros problème ne sera pas un retour des passagers pour les vols courts, avec une demande déjà visible dans les réservations dévoilées par les compagnies low-cost comme EasyJet et Ryanair, mais le retour de la clientèle sur les long-courriers « où la plupart des transporteurs font leurs bénéfices » et cela « pourrait prendre plus de temps pour revenir au niveau de 2019 ».

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