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Auto Escape : L’année va être sportive!

Baisse des prix, développement d’offres low cost et du covoiturage : le courtier en locations de voiture Auto Escape s’attend à une année compliquée. Son président Bruno Couly nous explique pourquoi.

L'Echo touristique : Quel est le bilan de l’année 2012 ?

Bruno Couly : L’entité Auto Escape qui est cotée en Bourse, et couvre l’Europe du Sud, affiche un chiffre d’affaires de 40 millions d'euros à l'issue de l'exercice clos le 30 septembre 2012. L’activité est en croissance de 14,6% par rapport à l'année précédente. Après avoir dégagé des profits de 104 000 euros en 2010/11, nous sommes à l’équilibre (Ndlr, avec 4000€ de bénéfices), notre dernier exercice ayant été impacté par des effets négatifs de taux de change dollar/euro. Les élections nous ont aussi pénalisés.

Mais le groupe Auto Escape dans son ensemble dégage des bénéfices. Sur tous nos marchés, notre chiffre d’affaires consolidé atteint 83 millions d'euros. La croissance est surtout tirée par le rachat en Allemagne, en septembre 2011, de Car Del Mar, qui représente des ventes de 36 millions d'euros. Ouverte depuis deux ans, la Scandinavie est un autre levier de développement, elle a généré 6 millions d'euros d'activité. Sur l’ensemble de nos pays d'implantation, le prix de la location de voiture a baissé de 8% en 2011/12. L’été dernier, c’était même -11 à -12% en France !

Pourquoi les prix ont-ils chuté ?

Les loueurs ont développé des stratégies multimarques. Tous les majors ont créé, en complément de leurs marques Premium, des marques low cost, pour lesquelles ils privilégient la vente directe : Hertz avec Advantage, Avis avec Budget, Europcar avec interRent. Nous observons ainsi les mêmes évolutions que pour les autres secteurs comme l’aérien et le tour-operating. A cela s’ajoute l’arrivée du groupe américain Enterprise Rent-A-Car, qui a racheté National Citer et sa filiale espagnole Atesa. Et nous assistons aussi à la création d'opérateurs proposant des locations à 1€, comme LuckyLoc et DriiveMe. Actuellement, nous continuons à faire face à une érosion des prix de 8% à 10% depuis le 1er octobre. Il faudra une forte progression du nombre de transactions pour compenser cette baisse. L’année va être sportive !

Etes-vous inquiets, face à l'essor des sites de vente directe ?

Oui et non. Notre valeur ajoutée, c’est d’être un site global, tourné vers des destinations étrangères. Nous sommes sur l’international, quand les loueurs se concentrent sur le national. Le domestique est devenu minoritaire dans nos ventes. Nous nous positionnons comme un TO, qui offre de nombreux loueurs et des services. Nous n’avons pas trouvé d’accord avec Entreprise, mais nous revendons bien des marques low cost comme Budget. Nous allons lancer le mois prochain un produit d’assistance 100% location de voitures. Le marché de la location de voitures bouge, et va continuer à bouger, comme le montre le récent rachat de Zipcar par Avis. C'est à nous d'être innovants. Le prix n'est pas suffisant pour justifier notre existence. Et la pression sur les tarifs, donc les marges, nous renforce dans l'idée que nous ne pouvons plus vendre en BtoB, sauf sur le marché scandinave qui reste une exception dans notre modèle économique.

Vous êtes cotés en Bourse, sur Alternext, depuis 2007. Quel est le bilan ?

Nous espérons complètement nous désengager. Nous avons tenté de le faire en 2012 : à travers une offre amicale de rachat, nous sommes montés à 90% de l'actionnariat. Seulement 10% du capital reste flottant, contre 40% auparavant. Dans un contexte de crise, les petites capitalisations n'ont pas d'écho favorable, les investisseurs se replient sur des valeurs sûres. Du coup, nous avons trouvé les moyens de financer notre développement sans l'aide des actionnaires du public, grâce à nos résultats (Ndlr, et à l'endettement bancaire).

 

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