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Amadeus prépare sa révolution

Amadeus négocie un virage décisif. Outre le lancement de Vianeo, le GDS va devoir faire face à la pression des compagnies aériennes et redéfinir son modèle économique.

Les comptes d’Amadeus se sont maintenus au beau fixe en 2003. Malgré les nombreuses turbulences qui ont secoué le secteur aérien, le béné-fice net du GDS a progressé de 6,6 % l’an dernier. Dans le même temps, son chiffre d’affaires a augmenté de 3,9 %. Cette année, la direction table sur des profits et des recettes en hausse. Difficile dans ces conditions pour Amadeus de faire comprendre à ses équipes, comme à ses partenaires agences de voyages, que l’année s’annonce décisive et qu’un nouveau modèle économique est à inventer.

En France, c’est le déploiement de Vianeo qui mobilisera les forces vives. Le GDS n’a pas le droit à l’erreur face à une concurrence particulièrement agressive, en particulier Galileo et Sabre.

Souplesse, convivialité et simplicité

A terme, tous les clients d’Amadeus, soit 80 % des agences françaises, posséderont ce bouquet technologique basé sur Internet. Une petite révolution pour le fournisseur, longtemps rompu à des modèles aux standards cryptés et aux PC fermés, fournis exclusivement par ses soins.

Vianeo, quésako ? Un outil de travail plus convivial, qui doit diviser par cinq le temps nécessaire à la formation, selon Amadeus. A raison de 65 E par poste et par mois, l’offre comprend l’interface de réservation Vista (qui remplace Pro tempo Concerto) pour accéder aux produits du système central. Mais c’est aussi le sésame vers d’autres outils (serveurs TO, Voyatel, sites professionnels), vers des services en ligne et des sites d’information présélectionnés. Le tout dans un langage clair, sans format réservé aux initiés. La nouvelle offre commerciale du GDS est également synonyme de souplesse. Libre à l’agence de choisir son matériel informatique, son fournisseur d’accès à Internet et son réseau télécom. Qui plus est, Vianeo doit permettre à 80 % des agences de réaliser au moins 20 % d’économies. Sans oublier des gains de productivité de 15 % à 29 % par dossier.

Le principal handicap : pas de billetterie pour l’instant

Reste que le plan de déploiement de Vianeo a pris du retard. En cause, un certain nombre de fonctions qui font toujours défaut. Pression sur son fournisseur ou réel problème ? Selectour a même demandé à ses adhérents d’attendre avant de migrer vers le nouvel outil. Principal handicap : l’absence de la billetterie. Pour l’heure, il est nécessaire de conserver un poste Pro tempo Concerto pour émettre les billets (ou de travailler pour cela avec une agence partenaire). Quand on sait que la billetterie a représenté 73,1 % de l’activité des agences en 2003, on mesure l’ampleur du problème.

En l’état, Vianeo n’est donc réellement intéressant que pour les agences loisirs, celles-là même que tentent de séduire Sabre et Galileo. Loin de le cacher, la direction d’Amadeus le spécifiait déjà lors du lancement du produit, à l’été 2003. Résultat : seulement 736 postes Vianeo étaient installés au 31 décembre dernier. Comme prévu, ce sont surtout de petites agences faisant peu de billetterie qui ont migré. C’est notamment le cas des clients de Pro Web, dont nous avons stoppé la commercialisation, reconnaît Christian Delom, DGA d’Amadeus France. Ces dernières affichent cependant leur satisfaction (voir encadré). L’objectif est d’arriver à faire basculer un quart du parc à la fin de l’année. L’ajout de la billetterie, prévu pour l’été, sera déterminant. C’est la clé du déploiement industriel de l’offre, qui achoppe sur deux autres points : le développement d’Amadeus Cruise pour la réservation de croisières, mais surtout celui d’une solution multi-TO. Annoncée de longue date, elle joue l’Arlésienne. Du coup, les TO préfèrent pour l’instant faire cavalier seul, avec le portail Internet que fignole l’Association des tour-opérateurs (Ceto).

Un tarif basse contribution à l’étude

Parallèlement, Amadeus doit faire face, comme ses confrères, à la pression des compagnies aériennes, qui exigent une baisse des redevances. A défaut, elles menacent de contourner le GDS, en utilisant Internet. Notre modèle économique vole en éclat, reconnaît Philippe Grando, DG France. Nous venons de lancer une nouvelle tarification aux compagnies en fonction de la valeur ajoutée apportée. Après les tarifs premium et standard, un prix basse contribution est à l’étude. Ce troisième niveau de facturation devrait permettre de convaincre les low cost de s’afficher sur Amadeus, mais aussi de percevoir des frais moins élevés pour les tarifs les plus bas des transporteurs traditionnels. Avec pour conséquence la remise en cause probable des incentives versés aux agences, afin de compenser le manque à gagner.

Le prix à payer pour pouvoir vendre les low cost

Un premier pas vient d’être franchi en ce sens. En Grande-Bretagne, Amadeus a accepté d’abaisser les honoraires facturés à British Airways. En contrepartie, les agences britanniques devront payer 95 pences au GDS par réservation pour les quatre classes de tarifs les plus bas. Jusqu’à présent, les agences ne pouvaient pas accéder à ces tarifs, uniquement disponibles sur le site Internet de British Airways, se défend Philippe Chérèque, directeur de la stratégie d’Amadeus. Les agences ne sont pas obligées d’accepter ces conditions. Si elles n’y adhèrent pas, un supplément de 3 livres s’applique au prix de vente final, sur les quatre classes de réservations concernées, ajoute-t-il.

Des négociations du même genre sont en cours avec d’autres compagnies. Au final, le seuil de gratuité d’un GDS pour les agences sera de plus en plus difficile à atteindre. Selon Philippe Grando, c’est sans doute le prix à payer pour un système permettant aux professionnels de vendre les low cost et d’améliorer leur productivité. Reste à convaincre les agences du bien-fondé de cette stratégie. Le débat s’annonce houleux.

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