Air Madrid en bout de piste
La compagnie aérienne espagnole a les ailes coupées depuis la mi-décembre. Faute de repreneur, elle pourrait même jeter l’éponge.
Alors que la concurrence s’intensifie dans un ciel espagnol de plus en plus apprécié des low cost, Air Madrid a cessé ses activités le 15 décembre. Connue pour ses retards chroniques, la compagnie s’est déclarée en cessation de paiements une semaine plus tard. Le tribunal de commerce de Madrid doit statuer prochainement sur son sort. Au moment de mettre sous presse, aucun investisseur ne s’était déclaré candidat à la reprise du transporteur, détenu par le groupe hôtelier Optursa (80 %) et par l’homme d’affaires Herminio Gil (20 %).
Créée en 2004, Air Madrid (1 300 salariés) assurait principalement des vols long-courriers vers l’Amérique latine, mais aussi une liaison quotidienne régulière entre Roissy/CDG et Madrid. Sa déconfiture laisse en rade plusieurs dizaines de milliers de passagers qui avaient déjà réservé, notamment dans l’Hexagone.
Plainte pour escroquerie
Le Syndicat national des agences de voyages (Snav) a engagé une procédure pour défendre les intérêts des clients français lésés, et des professionnels par la même occasion. Il a obtenu du tribunal de grande instance de Paris que les montants correspondants aux billets émis mais non volés depuis le 16 décembre soient consignés par Iata, et reversés aux agences. Pour toute demande de remboursement, des documents doivent être retournés à Iata France (lettre recommandée avec accusé de réception) avant le 20 février. Les modalités à suivre sont précisées par le Snav.
En Espagne, de nombreux voyageurs ont désormais Air Madrid dans le collimateur. L’association de consommateurs OCU a même déposé plainte pour fraude et escroquerie. Elle accuse la compagnie d’avoir continué à vendre des billets alors qu’elle se savait condamnée. Pour l’organisme, un arrêt des vols se prépare à l’avance et ne s’improvise pas.
Les transporteurs à bas coûts comme Vueling, Easyjet et Ryanair, mais aussi Air Europa, devraient être les premiers à profiter des déboires d’Air Madrid. Tous exploitent des vols entre la France et l’Espagne.