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Air France où l’art de se compliquer la vie

Trois mois après sa confirmation à la tête de la compagnie, Pierre-Henri Gourgeon a été débarqué par son mentor Jean-Cyril Spinetta qui reprend les rênes d'AF avec un PDG, Alexandre de Juniac, dont il ne voulait pas. Pas idéal pour affronter l'avenir.

Est-ce vraiment dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe ? Après trois ans de présidence sous turbulences, Air France retrouve à sa tête les deux cofondateurs du groupe AF-KLM, Jean-Cyril Spinetta et Leo van Wijk. Cette reprise en main surprise met presque au second plan la nomination, attendue, de Alexandre de Juniac au poste de PDG d'Air France. Tout se serait joué durant les quinze derniers jours avant la réunion du conseil d'administration du lundi 17 octobre, au cours de laquelle, Jean-Cyril Spinetta a réussi à débarquer son ami de trente ans, avec l'accord préalable de l'État, son actionnaire de référence (15,7 % du capital).

Pierre-Henri Gourgeon peut nourrir de la rancoeur. Il paie officiellement la situation financière défavorable de la compagnie vis-à-vis de ses concurrents (voir graphique). Les mauvais résultats d'exploitation, la lourdeur de sa dette, les coûts salariaux plombent en effet la compagnie face à ses concurrents hispano-anglais (IAG Iberia et British Airways) et allemand (Lufthansa). Et, malgré le changement de têtes, la situation ne devrait pas s'arranger. Le marché a jugé insuffisantes les nouvelles mesures d'économies annoncées en septembre portant sur 700 ME et craignent un problème de trésorerie en 2012 si la conjoncture économique reste toujours aussi mauvaise et si les prix des carburants se maintiennent à ce haut niveau. Le DG officiellement démissionnaire a eu surtout à faire face à la plus grave crise de l'histoire de la compagnie, avec un déficit record de 1,55 milliard d'euros sur l'exercice 2009-2010, mais également avec un crash le 1er juin 2009 du vol Paris-Rio, qui fait encore bien du tort à la compagnie, aussi bien en externe qu'en interne. La crise ivoirienne et les révolutions arabes ont également fragilisé la position d'Air France. Enfin, Pierre-Henri Gourgeon qui devrait quitter ses fonctions mi-novembre, a eu à faire face à l'hostilité des dirigeants hollandais, irrités de combler les pertes d'AF pendant que KML était bénéficiaire, sans compter celle de Jean-Cyril Spinetta lui-même, qui n'a pas apprécié de voir le poulain de Pierre-Henri Gourgeon préféré au sien (Lionel Guérin, l'actuel PDG de Transavia) au poste de PDG d'Air France.

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