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Air France-KLM et Lufthansa demandent d’une seule voix des règles plus équitables dans le ciel européen

Dans une interview commune publiée en France et en Allemagne, les patrons d’Air France-KLM et de Lufthansa alertent d’une seule voix sur la prise de pouvoir des compagnies non européennes dans le ciel du Vieux continent.

Concurrents dans les airs, les patrons d’Air France-KLM et du groupe Lufthansa, Benjamin Smith et Carsten Spohr, ont lancé dans la presse un appel commun aux institutions européennes pour un rééquilibrage urgent des règles du jeu dans le transport aérien européen. Leur message est clair : sans mesures immédiates, les compagnies européennes risquent d’être marginalisées face à la concurrence venue des pays tiers, notamment des compagnies du Golfe et de Turquie.

Dans une interview publiée conjointement en France par Les Échos et en Allemagne par le Frankfurter Allgemeine Zeitung, Benjamin Smith déplore que plus de la moitié du trafic long-courrier à destination ou en provenance d’Europe soit désormais assuré par des compagnies non européennes telles qu’Emirates, Qatar Airways ou Turkish Airlines. Ces acteurs bénéficient de soutiens massifs de leurs États sous forme de subventions, de carburant à bas coût ou d’infrastructures publiques, tandis que les compagnies européennes doivent composer avec des contraintes environnementales et fiscales bien plus strictes. « L’Union européenne est un marché ouvert, mais beaucoup de nos concurrents ne le sont pas », souligne le dirigeant d’Air France-KLM.

Une politique environnementale européenne injuste

Il dénonce en particulier l’accord de ciel ouvert signé en 2021 entre l’UE et le Qatar, qualifié de « véritable scandale » en raison des soupçons de corruption qui l’entourent et de l’absence de suspension malgré les enquêtes en cours (affaire « Qatargate »). Carsten Spohr souligne de son côté les enjeux de souveraineté : « L’Europe ne peut déjà ni assurer seule sa défense, ni son indépendance énergétique. Elle doit au moins conserver sa liberté de circulation aérienne ».

Les deux dirigeants se disent favorables à la transition écologique, mais jugent les règles européennes trop pénalisantes si elles ne s’appliquent qu’aux compagnies européennes. Ils citent le règlement ReFuelEU Aviation, qui impose dès 2025 des quotas de biocarburant dans les réservoirs des appareils. Selon eux, un système plus équitable serait la mise en place d’une taxe carbone universelle, calculée selon la distance parcourue par chaque passager au départ d’Europe, applicable à tous les transporteurs sans distinction. Cette taxe pourrait financer le développement des carburants durables, garantissant ainsi une compétition juste et incitant tous les acteurs à participer à la décarbonation du secteur.

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