À Budapest, Ryanair profite de la fin de Malev
La compagnie low cost irlandaise a immédiatement réagi à la fin des activités de Malev, en ouvrant une base dans la capitale hongroise. Sauvetage au pied levé pour l'économie touristique locale, ou simple bouffée d'oxygène ? À Budapest, en février, on a piloté à vue…
Il n'y a pas eu de fanfare pour célébrer l'arrivée de Ryanair à Budapest, le 17 février. Seulement de la neige. Les retards, jusqu'à deux heures, subis par ses premiers vols n'ont même pas marqué les esprits. L'ambiance était plutôt à la rigolade. Arrivant de Londres, une hôtesse a posé sur son visage un masque de Michael O'Leary, PDG de la compagnie. « Wooo ! Hoo ! Pas mal pour un premier atterrissage, ici ! » s'est exclamé le commandant de bord, hilare, du premier avion en provenance de Karlsruhe, plus tard dans la journée. Deux semaines après l'arrêt brutal des opérations du transporteur national Malev, la compagnie low cost irlandaise a fait main basse sur la capitale hongroise. « Nous lançons un plan de sauvetage pour Budapest et le tourisme hongrois », avait annoncé Ryanair, le jour de l'arrêt de Malev, qualifiant son installation à l'aéroport Ferenc Liszt (quatre avions basés) de « plus important investissement dans l'aviation et le tourisme hongrois ». Pour séduire la population et les médias, peu enclins à applaudir après la mort d'un symbole de la souveraineté nationale, Ryanair, opportuniste, a assuré le strict minimum : une campagne marketing basée sur des visuels d'hôtesses en bikini, 1 000 billets offerts aux visiteurs d'un centre commercial en plein coeur de Budapest. Deux opérations facilement et (trop) généreusement médiatisées. Et la promesse de 2 000 emplois adressée aux ex-pilotes, navigants et techniciens de Malev, déjà licenciés par leur ancien employeur, invités à une grande journée de recrutement sous pavillon irlandais, le 7 février, à Budapest.
TAPIS ROUGE POUR RYANAIR
Avec 31 destinations au départ, au terme d'une montée en puissance qui s'achèvera en avril avec un cinquième Boeing 737 basé, la compagnie apporte à l'aéroport un relais de croissance dont les exploitants ne pouvaient que rêver. Hochtief, major allemand du BTP, est l'actionnaire majoritaire de cette plate-forme, dont les deux terminaux ont transporté 8,9 millions de passagers en 2011. La perte des 3,2 millions de passagers de Malev entraîne une situation financière délicate pour l'aéroport : le ministère du Développement, garant d'un équilibre financier selon les termes d'un accord mal négocié avec ses exploitants privés, pourrait être engagé dans des compensations à hauteur de 3,45 milliards d'euros ! À une échelle plus modeste, rien n'a filtré sur les conditions économiques de l'accueil de Ryanair. Mais son installation dans le luxueux terminal 2B, de verre et d'acier, laisse deviner la ristourne inhabituelle obtenue par la compagnie, jamais disposée à payer le prix fort pour l'accueil de ses passagers.
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