À l’approche de Ranomafana, la bruine s’installe. L’air se fait humide et la forêt, devenue luxuriante, se perd dans la brume. Ce petit village traversé d’une rivière, et doté d’une source thermale, vit principalement du tourisme. Impliqués dans des projets durables, les villageois sont incités à combattre la déforestation galopante, conséquence de la culture sur brûlis et des ventes illégales de bois sauvages, qui menace l’avenir du pays. Ranomafana est aussi une des aires protégées (l’île compte 21 parcs naturels nationaux et 26 réserves) la plus programmée par les voyagistes. On y vient, avant tout, pour voir les lémuriens. Onze espèces endémiques, la plupart menacées, se cachent en haut des feuillages. Les rabatteurs sifflent pour prévenir. Deux lémuriens à ventre doré dégustent, à terre, des bambous, se déplaçant maladroitement en crabe, avant de remonter dans les futaies. Plus loin, sautant de branche en branche, voilà les fameux makis, noir et blanc. Puis d’autres, gris et roux. En tout, nous aurons vu 7 des 11 espèces du parc. « Les lémuriens sont discrets mais pas farouches » explique notre guide. « Mais vous avez eu de la chance ».