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2009, année sinistre pour l’APS

Le bilan annuel de l’Association professionnelle de solidarité du tourisme (APS) est sans appel : le nombre de défaillances enregistrées en 2009 est en hausse de 25 %. Les montants engagés ont aussi fortement augmenté. L’APS resserre les dépenses et travaille à la refonte de son image.

Dès le départ, l’exercice 2009 s’annonçait difficile et les craintes ont été confirmées, tout au long de l’année. Avec 53 défaillances, contre 36 en 2008, le bilan annuel de l’Association professionnelle de solidarité du tourisme (APS), publié le 18 février, fait état d’une forte augmentation globale du nombre des sinistres. Sur la période allant du 1er octobre 2008 au 30 septembre 2009, le nombre de sinistres ayant impacté le fonds de garantie est en progression de 25 % par rapport à la même période de 2007-2008. « Avant la crise, l’APS enregistrait 15 à 18 sinistres par an. Passer de 32 à 40 est conséquent. Après une année 2008 déjà très difficile, certaines entreprises se sont mises en liquidation judiciaire pour arrêter leur activité », souligne Emmanuel Toromanof, le secrétaire général de l’association. Le coût net annuel est, lui aussi, en forte hausse à 3 036 311 E contre 1 868 650 E l’année précédente. Le montant du plus fort sinistre s’élève à plus de 400 000 E et revient à Club Grand Soleil, une agence spécialisée dans la vente de forfaits en Espagne pour la clientèle senior. L’APS a ensuite enregistré cinq sinistres dont les montants se situent entre 100 000 et 200 000 E : Calao Voyages, Mesnil Voyages, 1001 Soleils, Monagence.com et Punch Voyages. « J’avais souhaité limiter les dépenses l’an dernier et c’est tant mieux car on a explosé le montant des sinistres, note Raoul Nabet, qui entame son dixième mois à la présidence de l’association. Depuis mon élection, j’ai appris mon métier et j’ai cherché à respecter mon programme à la lettre, en commençant par réorienter l’APS sur son coeur de cible : la garantie financière. Car en période de crise, il faut se recentrer sur ses fondamentaux. » Plusieurs décisions ont donc été prises pour réduire les coûts. Raoul Nabet a passé au crible l’ensemble des contrats de l’association et n’a pas souhaité en renouveler certains, comme celui avec RTL. « Le plan de communication a été remis à plat. Le grand public ne connaît pas l’APS et cela doit changer », indique-t-il. L’association travaille donc à la refonte de son image. Une enquête TNS Sofres, réalisée en octobre 2009, a révélé que seul un voyageur sur vingt connaît l’APS de nom (lire en page 7). Et c’est Philippe Demonchy, le fondateur de Selectour et président de la commission Communication, qui pilote la création d’une nouvelle image pour l’association de garantie professionnelle. Un nouveau nom et une nouvelle identité visuelle plus percutants et élaborés par une agence de communication seront proposés lors du conseil d’administration du 3 mars. L’an dernier, l’APS a aussi freiné ses dépenses en modifiant le fonctionnement des formations proposées aux adhérents. L’exclusivité du centre de formation Cap Vers a été levée et le nombre de thématiques réduit à un seul item financier : la gestion d’une agence de voyages. Au total, l’association a réalisé une économie de 423 000 E en 2009. « Les frais de fonctionnement et de communication ont été réduits respectivement de 180 000 et 200 000 E, souligne Raoul Nabet. De plus, je ne perçois aucun salaire pour ma fonction de président, ce qui représente une économie annuelle de 43 000 E. »

DEUX NIVEAUX DE GARANTIE

La mise en application des nouveaux statuts de l’association – adoptés officiellement le 17 février ainsi que le règlement intérieur par 97,5 % des votants – change également les habitudes. Avec plus que deux seuls taux de garantie (30 000 et 100 000 E), de nombreux professionnels voient leur montant accroître. « Les anciens habilités autocaristes passent de 4 500 à 100 000 E de garantie. Celle des gestionnaires d’activités de loisirs passe de 7 500 à 30 000 E », indique Raoul Nabet. L’ouverture de la profession devrait aussi entraîner l’arrivée de nouveaux postulants à l’APS, alors que le nombre d’adhérents a stagné en 2009 à 3 115 membres. Et de nouveaux risques ? « Je ne suis pas inquiet, précise Emmanuel Toromanof. Si le dossier n’est pas solide, l’APS ne les acceptera pas. Mais attention, on ne doit pas, non plus, devenir des banquiers. On reste une association, la solidarité est importante. » C’est également dans un souci d’entraide que l’APS travaille à la création d’une caisse de caution pour les agences, suite à l’introduction par Iata, l’association internationale du transport aérien, du nouveau ratio de liquidité. Estimant que 25 % des agences ne pourront pas répondre à ce nouveau critère, elle prépare la constitution d’une coopérative dont serait aussi membres plusieurs têtes de réseaux. Le but de cette caisse de caution serait de garantir les agences en difficultés afin de les aider à passer le BSP et conserver leur agrément. Ensuite, le fonds se rembourserait avec la cotisation exigée à l’adhérent pour bénéficier de ce service (contre-garantie). D’autres actions communes à la profession devraient ponctuer l’année 2010. L’APS et le Syndicat national des agents de voyages (Snav) ont, par exemple, décidé de créer une structure de formation collective ouverte à leurs adhérents respectifs.

UNE CAMPAGNE AVEC LE SNAV ET LE CETO

L’association s’est aussi déclarée favorable à une campagne de communication globale assurant la promotion des agents de voyages au sens large et qui réunirait l’APS, le Snav et l’Association de tour-opérateurs/Ceto. Georges Colson, le président du Snav, avait déjà fait part de ce projet lors du congrès annuel du syndicat, début février. Il avait officiellement demandé à Hervé Novelli, secrétaire d’État chargé du Tourisme, un soutien financier pour mener à bien ce projet. Les deux hommes se sont entretenus cette semaine au ministère. Ce projet devrait être rapidement concretisé…

« Certaines entreprises se sont mises en liquidation judiciaire pour arrêter leur activité »

« Les frais de fonctionnement et de communication ont été réduits respectivement de 180 000 et 200 000 euros »

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