Le canal des Pangalanes s’étire sur près de 700 km le long de l’Océan Indien, entre Tamatave et Manakara, à l’est. Sur la pirogue, Ignacio, guide depuis 30 ans, détaille le quotidien des pêcheurs, le nom des plantes ou les recettes de cuisine. Au fil de l’eau, on croise des villageois, rieurs, s’aspergeant d’eau dans ce qui est la baignoire locale. De frêles embarcations, tirées par des voiles en sacs de riz assemblés, transportent des régimes de bananes. Plus loin, deux femmes, dans des t-shirts décolorés et élimés, remontent un filet, cherchant en vain d’éventuelles prises. Au soleil, à deux pas de la plage, la vie paisible des villageois incite à la rêverie. Mais Ignacio nous ramène à la réalité. « Vois-tu, le seul pont de la ville, rouillé ? Il va tomber. Avant il y avait 60 taxis. Avant il y avait un port. Depuis le départ des Français, le pays se dégrade. Le gouvernement est corrompu et ne fait rien. Nous avons besoin du tourisme ».