Une saison d’hiver encourageante
Les ventes de forfaits ont augmenté de 5,6 % cet hiver, selon l’Association des tour-opérateurs (Ceto). Une très belle performance accomplie essentiellement grâce aux destinations moyen-courrier, Egypte et Maroc en tête.
Les hivers se suivent et se ressemblent. Pour la deuxième année consécutive, les TO membres du Ceto ont enregistré une hausse de leurs ventes de forfaits. Selon le baromètre semestriel publié le 15 juin, entre le 1er novembre 2004 et le 30 avril dernier, ils ont fait voyager 2 643 474 clients, dont 2 000 825 avaient acheté un forfait (5,6 %), tandis que les vols secs ont accusé une baisse de 0,4 %. Au global, la croissance est de 3,9 %. La performance est d’autant plus remarquable que l’hiver 2003-2004 avait été un excellent cru (5,1 % pour les ventes de forfaits), affichant la première croissance depuis 2000. Mais surtout, la saison hiver 2004-2005 a été lourdement pénalisée par le raz de marée en Asie, fin décembre, et la désaffection pour des destinations habituellement moteur en cette saison : Thaïlande, Sri Lanka et Maldives. Les membres du Ceto font donc bien mieux que de sauver la mise. Sans le tsunami, la croissance aurait été d’environ 8 %, soit trois points de mieux, remarque René-Marc Chikli, président de l’Association.
L’Afrique et les Etats-Unis tirent le long-courrier
La zone long-courrier est celle qui pâtit logiquement le plus des conséquences du séisme sous-marin, en recul de 1,8 % en nombre de passagers forfaits, et de 3,7 % en volume d’affaires. C’est beaucoup moins catastrophique qu’on aurait pu l’imaginer, note René-Marc Chikli. Tous les reports n’ont pas pu s’effectuer à cause du manque de disponibilités. Mais les hausses cumulées par un ensemble d’autres destinations ont compensé le manque à gagner. Ainsi, si la zone Asie affiche une baisse de 9,2 %, avec notamment une chute de 19,2 % des ventes de forfaits vers la Thaïlande (quand l’Inde et le Vietnam se sont très bien comportés, à respectivement + 18,5 % et + 27,6 %), la zone Afrique (+ 3,4 %) et celle d’Amérique du Sud (+ 2,6 %) ont permis de limiter les dégâts.
De même, le bon maintien de l’océan Indien (+ 10,9 % pour Maurice), et surtout la reprise vers les Etats-Unis (+ 37,6 %), ont tiré les chiffres. Ils ont équilibré aussi la performance médiocre des Caraïbes (- 9 %), pénalisées par la désaffection, décidément durable, pour les Antilles françaises (- 7,7 %), l’écroulement (pour la deuxième année consécutive) de Cuba (- 16 %), et en particulier la stagnation de la locomotive de la zone. Pour la première fois, en effet, la République dominicaine est en panne de croissance, à – 2,6 %. La destination est à maturité, juge René Marc-Chikli, alors que le Mexique voisin continue sa percée de l’hiver dernier, en affichant de nouveau une hausse à deux chiffres, à + 24,3 %. Ce ralentissement des ventes en long-courrier explique sans doute la baisse du forfait moyen, lequel s’établit à 787 E (soit – 1,4 %). C’est la première fois que le baromètre du Ceto, lancé l’an dernier, comprend cette donnée. Nous avons dorénavant un outil très complet d’analyse, se réjouit René-Marc Chikli.
La Turquie et la Tunisie, autres moteurs du moyen-courrier
Mais si l’hiver écoulé donne le sourire aux TO français, il satisfait surtout ceux faisant la part belle au moyen-courrier dans leur production. Vedette incontestable de la saison, l’Egypte a plus que dépassé ses objectifs chez l’ensemble des voyagistes. Après une progression de 79,8 % au cours de l’année 2003-2004, le pays des pharaons a encore fait un bond de 33,7 % cet hiver. Cette croissance ininterrompue de dix-huit mois est l’une des bonnes surprises de la saison. L’offre de séjours vers la mer Rouge a explosé et a offert un formidable relais de croissance à la destination, faisant le bonheur de spécialistes comme Etapes Nouvelles, STI ou Kuoni, mais aussi de l’ensemble des généralistes. Nous n’avions pas anticipé un tel succès, se félicite Laurence Berman-Clément, directrice générale de Jet tours. La belle envolée risque toutefois d’avoir des ratés cet été. Depuis début avril et les attentats du Caire, la croissance s’est ralentie.
Ce n’est pas le cas du Maroc, l’autre star de l’hiver. Le royaume chérifien vit une grande histoire d’amour avec les Français, qui plébiscitent les séjours charme, notamment à Marrakech, devenue LA destination tendance du moment, en surfant sur l’engouement pour les riads. A + 24,7 % cet hiver, le Maroc devrait battre son record annuel. Pour l’exercice 2003-2004, la destination avait progressé de 20,1 %. Dans la même tendance positive, validée par les prises de réservations estivales, la Tunisie confirme son grand retour, à + 17,1 %. Autre grand gagnant, la Turquie, qui bat tous les records de croissance, à + 67,7 %. Les spécialistes ont retrouvé leurs scores des meilleures années et parient sur un très bel été.
Les destinations européennes font plus grise mine. Si la Grèce continentale, après une année olympique décevante, devrait être une des valeurs sûres de l’été, elle a déçu cet hiver, en recul de 22,9 %. De même l’Espagne continentale, qui stagne, mais surtout les Baléares, les Canaries et l’Italie continentale affichent des dégringolades inquiétantes. Une tendance qui risque de se confirmer cet été, quand la Croatie devrait encore très bien tirer son épingle du jeu.
Un été prometteur
Le baromètre du Ceto ne donne aucune tendance détaillée pour la saison estivale mais livre quelques pistes : les prises de réservations des mois de mars et avril sont en hausses respectives de 19 et 13,5 %. De quoi donc être assez optimiste ! Si le mois d’août ne nous déçoit pas, comme cela avait été le cas l’an dernier, on peut raisonnablement tabler sur une croissance annuelle de l’ordre de 7 à 8 %. Du jamais vu depuis… 2000 !
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