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Tunisie : nouvelles turbulences à la tête de Tunisair

Le président du conseil d’administration de la compagnie tunisienne a été limogé samedi 5 juillet.

Habib Mekki, président du conseil d’administration de la compagnie nationale tunisienne, Tunisair, a été démis de ses fonctions après de nouvelles perturbations ayant provoqué « un grand mécontentement dans l’opinion publique », a annoncé samedi 5 juillet le ministère tunisien du Transport. Le ministère du Transport a précisé que le conseil d’administration serait convoqué pour élire le successeur d’Habib Mekki « dans les plus brefs délais afin d’assurer le bon fonctionnement de l’entreprise ».
Il a également lancé un « avertissement » aux chefs d’escale de Tunisair pour qu’ils prennent en charge au mieux les passagers dans tous les aéroports affectés par des perturbations. Une procédure est en cours pour tenir pour responsable « toute personne ayant failli à son devoir », a averti le ministère. Ces employés seront remplacés « par des personnes capables d’assumer leurs responsabilités, de servir le citoyen et de préserver la pérennité de l’entreprise », a-t-il ajouté.
Tunisair est depuis plusieurs années fortement critiquée par nombre de passagers, qui dénoncent retards ou annulations de vols. Un récent témoignage concernant un vol Bordeaux-Tunis parti le lendemain de son horaire prévu, et qui appelait à une « action en justice » contre Tunisair, a été très commenté sur Facebook.
Le ministère n’a pas donné davantage de détails sur les perturbations évoquées dans son communiqué. Il a en revanche assuré suivre « l’évolution des dossiers liés à la corruption financière et administrative qui ont conduit à la situation actuelle de Tunisair ».

Accusations de corruption

L’an dernier, le PDG de Tunisair, Khaled Chelli, ainsi que le chef du syndicat interne à l’entreprise, Najmeddine Mzoughi, avaient été écroués pour des accusations de corruption. Une enquête avait été ouverte pour abus de pouvoir, faux et usage de faux, sollicitation de pots-de-vin, et concernait sept autres personnes dont les identités n’ont pas été communiquées.
En avril 2024, un juge d’instruction du tribunal de première instance de Tunis avait déjà placé en détention trois employés de la compagnie dans le cadre d’une affaire de nominations sur la base de diplômes falsifiés.
Peu avant, le président Kais Saied avait, lors d’une visite surprise à l’aéroport de Tunis, dénoncé des cas de corruption au sein de la compagnie, dont des recrutements sur la base de faux diplômes et un trafic de pièces de rechange. Il s’était insurgé aussi contre une vente « illégale » et au rabais en 2017 d’un avion de la compagnie, assurant qu’il avait « quitté le territoire sans autorisation » et se trouvait en Floride (sud des Etats-Unis). À cette occasion, il avait répété son rejet de toute privatisation de la centaine d’entreprises publiques tunisiennes, présentes dans tous les secteurs de l’économie et dont la plupart sont déficitaires.
Les autorités ont annoncé cette année un plan de relance pour Tunisair, fortement endettée, afin d’améliorer sa performance et sa gouvernance.
Actuellement, la compagnie tunisienne vole en France vers Paris-Orly, Lyon, Nice, Toulouse et Strasbourg. 

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