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Tourisme et pragmatisme

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Certains d’entre vous aurons peut-être vu en début de semaine la nouvelle série un brin décalée signée de la chaîne cryptée, Kaboul Kitchen. On y voit évoluer dans la capitale afghane Jacky, tenancier français d’un restaurant pour expatriés, qui se démène pour approvisionner, sous le manteau, son établissement en alcool et maintenir à flot sa piscine découverte. Sans grands états d’âme ni scrupules pour rendre son affaire « bankable », notre héros mène cahin-caha sa barque avec ses petits arrangements entre amis, au mépris des coutumes locales de cette terre islamique. Libre adaptation de la véritable histoire d’un ancien journaliste reconverti dans l’humanitaire, la série ose le ton de la comédie tout en abordant des thèmes sensibles, tels ceux du fondamentalisme religieux, de la corruption, du droit des femmes ou encore du rôle des ONG. Le choc des cultures qui sous-tend le ressort narratif de ce scénario n’en reflète pas moins des réalités de terrain beaucoup plus pragmatiques. Lieu de perdition pour les uns, source d’emplois et de retombées locales pour les autres, Kaboul Kitchen fait partie d’un décor dont tout le monde arrive in fine à s’accommoder. Qu’en est-il dans la vraie vie, comme on dit, et en particulier dans ces pays musulmans boudés par les touristes depuis le Printemps arabe (lire notre enquête) ? L’on a souvent dit que le tourisme n’avait cure de la politique et se satisfaisait même assez bien de régimes policiers et musclés. En s’ouvrant à la démocratie et donc aux choix issus des urnes, la Tunisie et l’Égypte ont porté au pouvoir les représentants d’un courant islamiste dont les discours se veulent rassurants pour préserver leur première ressource économique, à savoir le tourisme. Il est très vraisemblable que des extrémistes continueront de fustiger ces voyageurs qui viennent chez eux pour faire la fête, boire de l’alcool et s’exhiber sur les plages en bikini. Mais aussi que l’économie réelle mettra tout le monde d’accord sur un modus vivendi scellé du sceau du pragmatisme.

Qu’en est-il de ces pays musulmans boudés par les touristes ?

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