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Tourisme/Jean Castex : un plan de relance à 1,9 milliard d’euros

Matignon a enfin détaillé le plan de relance du tourisme, cher à Emmanuel Macron. Un plan composé de cinq piliers, que Jean Castex présentera officiellement ce samedi depuis Amboise.

C’est Jean Castex qui dévoilera samedi 20 novembre le plan de relance et d’investissement de la destination France, à Amboise en Indre-et-Loire. Le Premier ministre sera entouré du ministre délégué chargé des PME Alain Griset et du secrétaire d’Etat au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne, qui ont multiplié les consultations avec les professionnels du secteur pour peaufiner la feuille de route gouvernementale.

Des prêts, pour l’essentiel

Matignon chiffre ce « plan Destination France » à 1,9 milliard d’euros. En résumé, le gouvernement s’engage à près de 1,3 milliard d’euros de prêts, et 600 millions d’euros d’argent frais. Il s’agit d’un grand coup de pouce aux entreprises et aux collectivités, qui sont toutefois, pour beaucoup déjà, fortement endettées.

Dans le détail, le budget global comprend trois enveloppes, explique l’entourage du Premier ministre. 750 millions d’euros concernent de nouveaux prêts tourisme Bpifrance jusqu’en 2023 (qui s’ajouteront aux 760 millions de prêts déjà consentis), pour pallier un certain désengagement des banques. S’ajoutent 500 millions d’euros de prêts de relance, des fonds déjà bloqués par la Banque des territoires, mais qui n’ont pas encore été attribués. Enfin, environ 600 millions d’euros seront distribués en subventions et autres aides directes (incluant 100M€ pour l’événementiel/tourisme d’affaires, 50M€ pour l’aide au départ en vacances des populations vulnérables…).

Une grande campagne « métiers », comme pour l’armée

A l’aide de ce budget, le gouvernement compte déployer les cinq piliers de son plan Destination France. Le premier axe, c’est « la conquête et la reconquête des talents » dans un secteur qui fait face à une pénurie de main d’oeuvre. Une campagne de promotion de 100 millions d’euros des métiers du tourisme sera orchestrée sur deux ans (2022 et 2023). Et ce, sur le modèle de la campagne tournée vers les métiers de l’armée. Une « semaine des métiers du tourisme » et un réseau d’excellence en matière de formation sont également prévus. « Ente 150 000 et 200 000 emplois sont à pourvoir dans les métiers de l’hôtellerie-restauration, qui constituent le point noir de la pénurie (d’emplois) », estime le gouvernement. « Nous voulons attirer des jeunes », précise Matignon.

Accompagner la montée en gamme de l’offre, aider la transformation durable et numérique, renforcer l’ingénierie, promouvoir la destination à travers notamment les événements sportifs (Coupe du monde de rugby 2023 et JO 2024) sont les quatre autres piliers du plan. Une feuille de route que Jean Castex inscrit dans « une vision à dix ans »… malgré les échéances électorales d’ici là.

Devenir la première destination durable au monde

L’objectif ultime, c’est de soutenir un secteur particulièrement sinistré par la pandémie. « La crise a accéléré et renforcé les défis structurels auxquels le secteur faisait déjà face », rappelle Matignon.

La France est restée la première destination mondiale l’an passé, mais a bu la tasse comme le reste du monde. L’année 2020 s’est soldée par une « perte de près de 56% du nombre de touristes étrangers », au nombre de 90 millions en 2019. En termes de recettes touristiques internationales, qui ont fortement chuté, la destination est montée sur la deuxième marche du podium, (derrière les Etats-Unis), l’Espagne étant rétrogradée au troisième rang.

A l’horizon 2030, la France souhaite « consolider sa place de première destination mondiale », toujours en termes de visiteurs, mais aussi au chapitre des recettes.

Toujours à 10 ans, comme l’a souligné le président Emmanuel Macron lors du Sommet Destination France, elle aspire par ailleurs à devenir « la première destination de tourisme durable au monde ». C’est l’une des raisons de la modernisation du classement des hôtels, lequel inclura des critères de durabilité. Il est également question de mesurer l’impact du secteur sur la biodiversité au niveau national, sur une proposition de Nicolas Dayot (FNHPA). Enfin, un réabondement du Fonds Tourisme Durable est programmé.

Quid des agences de voyages et des TO ?

Interrogé par L’Echo touristique sur la place des voyagistes, Matignon rappelle que le secteur a fortement souffert de la faillite de Thomas Cook et des conséquences de la pandémie de Covid-19. Ces difficultés, fragilisant les garants financiers des entreprises à commencer par l’APST, ont poussé le gouvernement à imaginer un plan de réassurance publique pour les agences. Ce « qui mobilisera une garantie d’Etat à hauteur de 1,5 milliard d’euros », souligne les services du Premier ministre.

Pas sûr que les métiers de la distribution et de la production soient dans la campagne de revalorisation des métiers, tant l’hôtellerie-restauration occupe une place de choix dans le plan de relance.

Fonds de solidarité, PGE, activité partielle… Le secteur, qui représentait 8% du PIB en 2019, a déjà bénéficié de 38 milliards d’euros de soutien financier. La filière représente environ 2 millions d’emplois directs et indirects. 

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