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#TOTEC21. La plateforme Alentour va-t-elle contrer ou aider les OTAs ?

C’était sans doute le débat le plus « animé » du Totec 2021. Une table ronde a réuni quatre professionnels du tourisme pour évoquer la plateforme Alentour.

Où en est la plateforme d’activités Alentour, lancée en septembre 2021 ? Environ 4500 activités sont connectées, ainsi que 800 hôtels connectés, a précisé son directeur général Timothée de Roux lors du Totec. Sans oublier des agrégateurs : Bookingkit, Regiondo, Vaolo… Et bientôt la start-up Elloha. Enfin, des pilotes sont prévus avec Maeva et Pierre & Vacances.

C’est un début. « Les activités sont le seul maillon de la filière tourisme qui n’est pas digitalisé. Sur 22 milliards d’euros de volume d’affaires activités, seulement 5% vient de réservations digitales, le potentiel est énorme. Dans l’hôtellerie, nous sommes à 80%, dans le transport 70%. » Et Timothée de Roux (ex-Abritel) explique qu’il s’agit de ne pas laisser le champ libre aux grandes plateformes américaines.

Jean Pinard reste critique 

Qu’en pensent les territoires ? Jean Pinard, critique lors du lancement du projet, émet toujours de grandes réserves. Le directeur du Comité Régional Occitanie ne s’en est pas caché : « Je ne suis pas tout à fait d’accord quand on dit que les prestataires d’activités ne sont digitalisés. » Des territoires ont de fait lancé, avec plus ou moins de succès, des plateformes locales de réservations d’activités.

Jean Pinard fustige également « la méthode » utilisée pour le projet Alentour. En clair, le manque de concertation avec les institutionnels.

« Il faut a minima que le gouvernement désireux d’engager une réflexion sur la commercialisation travaille avec les destinations, et ce n’est pas ce qui s’est fait. Je ne comprends pas pourquoi c’est si difficile de mettre tout le monde autour de la table. Le sujet de la commercialisation de la France, c’est de s’appuyer sur les Organismes de gestion de destinations, et d’être moins dépendant des plateformes. Booking, c’est le résultat de la contre-performance des pouvoirs publics. »

Face aux critiques, Timothée de Roux s’est défendu : « Travailler avec les destinations, c’est précisément ce qu’on fait. On travaille avec celles qui ont manifesté l’envie de travailler avec nous, comme Savoie Mont-Blanc. » Un premier galop d’essai a été mené avec la Côte d’Azur.

« Faire confiance »

Pour Christian Sabbagh, président-fondateur d’Orchestra, « la relation locale avec les territoires est fondamentale. Avant d’avoir des plans de digitalisation, il faut savoir qui fait quoi localement. » Faire un état des lieux en somme, pour comprendre et impliquer. La France étant leur première destination, les agences de voyages pourraient aussi avoir un rôle, estime Christian Sabbagh.

Thomas Saison, directeur marketing et ventes de La Plagne au sein de la Compagnie des Alpes, abonde : « il faut excessivement faire confiance aux institutions locales : offices de tourisme, CRT, CDT. » Mais le « millefeuille institutionnel » ne facilite pas la tâche, reconnaît-il.

En France, la digitalisation des activités et des séjours devient un enjeu majeur, dont s’est emparée La Plagne avec sa propre agence en ligne. La pré-réservation des sites culturels et naturels se généralisera pour réguler l’affluence, complète Thomas Saison. Un vaste chantier qui passe selon lui par l’évangélisation du marché, mais aussi un travail titanesque pour collecter des informations qualifiées et des photos de qualité.

Contrer ou favoriser les OTAs ?

Christian Sabbagh a aussi partagé un questionnement bien légitime : « Je ne sais pas si en aidant la digitalisation des activités, on va se débarrasser des plateformes. On va (au contraire) simplifier le travail de Google, Viator ou Getyourguide. Mais ce n’est pas forcément un problème pour moi. » Certains observateurs imaginent même un accord, à terme, entre Alentour et les grandes OTAs type Booking ou Expedia.

Soutenue par la Banque des territoires, la plateforme B2B2C Alentour s’inscrit dans le cadre d’une joint-venture avec Amadeus. L’objectif est de digitaliser principalement les activités via des sites/applis d’hébergeurs ou de centrales de réservations. Le modèle économique repose sur le principe du commissionnement à la vente.

Le projet a émergé en pleine crise du Covid-19 en mai 2020, et s’inscrit dans le cadre du plan de relance gouvernemental du tourisme. Pour l’instant, quelques millions d’euros sont sur la table, selon Timothée de Roux. Le budget officiel global s’élève à 50 millions d’euros. Reste à fédérer, les territoires, mais aussi les prestataires et les hôtels. Et ce, sur un terrain miné par le passé. Avant Alentour, d’autres plateformes de réservations de la destination France ont fait pschitt, comme Résinfrance et Hexatourisme.

 

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