La gare de Strasbourg a bien changé. Disparue l’ancienne bâtisse en grès, dont les couloirs résonnaient encore aux cris des soldats en transit, lors des week-ends de permission. Relooké par le bien inspiré Jean-Claude Duthilleul, architecte de la SNCF, le bâtiment accueille désormais le voyageur sous une immense verrière sérigraphiée. Le tramway, dont le design transparent a fait école dans d’autres réseaux urbains, transporte les touristes en deux stations près de la cathédrale. Dans les rues piétonnes, les terrasses ont remisé leurs publicités criardes jaunes, rouges et vertes. La capitale de la bière accueille ses hôtes dans une relative sobriété. Il n’en faut pas moins pour préserver la jolie perspective de la rue Mercière. La cathédrale gothique, qui ne reçut jamais sa deuxième flèche pour cause de sous-sol instable, fut longtemps la plus haute de la chrétienté : 142 mètres ! A l’intérieur, l’horloge astronomique, chef-d’oeuvre de la Renaissance, s’anime tous les quarts d’heure, avec des personnages allégoriques plus vrais que nature. Le spectacle est court, la hauteur du buffet impressionne. La cathédrale de Strasbourg fourmille de détails, riches en signification historique et expliqués par un guide initié. Sur le portail sud, amputée de sa main droite, la statue de la Synagogue symbolise l’Israël biblique, digne et belle. Sur l’autre pilier, l’Eglise triomphante (autre statue couronnée) semble toiser sa voisine. Dommage que la place du Château, à gauche de la cathédrale, soit encombrée de voitures. La municipalité n’a pas osé jouer à fond la piétonnisation de son centre historique. Les commerçants haut de gamme installés dans le carré d’or de la cathédrale semblent ne pas s’en plaindre. Mais le point de vue est gâché pour la photo souvenir.
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