Séjours linguistiques et éducatifs : L’Office et l’Unosel prêts à fusionner pour se renforcer
À l’horizon 2027, L’Office et l’Unosel veulent fusionner afin de mieux représenter la filière et défendre ses intérêts.
C’est un vaste projet de réconciliation que poursuivent, depuis quelques années, L’Office national de garantie des séjours linguistiques et éducatifs et l’Unosel. « 2026 sera une année charnière », a souligné Michel Rilhac, président de L’Office, en ouverture de l’assemblée générale le 28 janvier 2026, à Ajaccio. Les deux organismes comptent jeter des ponts pour créer une structure unique plus forte.
« L’Unosel et L’Office ont des fonctionnements très proches bien que l’un soit né d’une dissidence », a rappelé Michel Rilhac. « Nos labels et nos modes de fonctionnement se ressemblent. Nos préoccupations sont très proches. Depuis deux ans, l’idée a émergé, de part et d’autre, d’une convergence vers une structure unique pour représenter les séjours linguistiques et éducatifs. »
Une fusion à l’horizon 2027

« Il n’y a pas de freins à notre rapprochement mais il nous reste beaucoup de travail à faire. C’est aussi stimulant pour développer ensemble des projets en mutualisant nos forces », estime Sabine Bonnaud, déléguée générale de l’Unosel.
Sous son pilotage et celui de Laurie Larchez, déléguée générale de L’Office, trois groupes de travail préparent le projet, sa future gouvernance, les cotisations et le label commun. Objectif : rendre effectif le rapprochement en 2027, sous réserve du vote des adhérents.
Les prémisses
Présenté en plénière, le projet de fusion pose notamment la question de l’adoption éventuelle d’un nouveau nom. Un vaste dessein, qui n’est pas sans rappeler, dans l’industrie du voyage, la fusion des réseaux d’agences Selectour et Afat Voyages.
Les deux associations spécialisées dans les séjours des jeunes ont déjà posé de premiers jalons. Leurs équipes ont mutualisé des données pour un baromètre sectoriel dès 2025, participé ensemble à un salon et ouvert leurs assemblées générales sur une base réciproque.
Sabine Bonnaud s’avoue à la fois motivée et prudente. « Fusionner sera un long parcours, confie-t-elle à L’Écho touristique. Nous avancerons étape par étape pour ne pas nous mettre des bâtons dans les roues, et surtout conserver le meilleur de chaque association. » « Ce ne sera pas simple, abonde Michel Rilhac. Nous avons développé deux cultures un peu différentes. »
500 000 participants par an
Née en 1978, l’Union nationale des organisations de séjours éducatifs, linguistiques et de formation en langues (Unosel) regroupe 54 membres labellisés. De son côté, L’Office (25 membres) a vu le jour en 1997, après une scission au sein de l’Unosel et de son conseil d’administration. Ensemble, les deux organismes représentent environ 500 000 participants par an, essentiellement des jeunes.
Leur projet de fusion s’inscrit aussi dans un contexte compliqué. « Notre secteur est en difficulté, principalement depuis la pandémie de Covid-19, relève Sabine Bonnaud. Les voyages scolaires remontent la pente. Mais les colonies de vacances et les séjours linguistiques reculent. Or les perspectives 2026 s’avèrent peu réjouissantes. »
Pour Sabine Bonnaud, plusieurs raisons l’expliquent : l’inflation « qui rend les séjours longs chers », le contexte géopolitique, et un changement des attentes.
« Les familles vont tenter de préserver leurs vacances ensemble, quitte à sacrifier un séjour linguistique par exemple. » Selon la déléguée générale, un travail de modernisation des séjours pourrait relancer leur attractivité.