Quand les seniors jouent les casse-cou
Les sociétés d'assistance ont noté cet été une hausse notable des interventions sur des touristes âgés. Toujours plus loin, toujours plus aventureux : les seniors sont-ils de moins en moins prudents ?
Chez Europ Assistance, c'est l'exemple collector de l'été. L'assisteur a dû venir en aide à une « mamie » de 80 ans présentant une fracture du col du fémur après une séance de… ski nautique. À en croire le bilan de l'activité estivale présenté début octobre par le SNSA (Syndicat national des sociétés d'assistance), ce cas spectaculaire s'inscrit dans un contexte d'« augmentation significative des rapatriements médicaux » chez les touristes seniors au cours des derniers mois. « Attirés par des destinations plus lointaines et de plus en plus audacieux dans leurs activités », selon les termes du syndicat, les voyageurs âgés s'exposeraient donc à davantage de risques qu'auparavant.
Une analyse qui laisse perplexe l'assureur AVI International. Il est l'un des rares en France à proposer, depuis 2009, des garanties voyage spécialement dédiées aux seniors (entre 61 et 75 ans). « La sinistralité sur cette clientèle est effectivement en hausse, reconnaît Zoubida Madaoui, chargée de clientèle chez cet assureur. Mais c'est surtout parce que la majorité des clients dans cette tranche d'âge partent avec un problème de santé déjà existant. Au moindre ennui, ils consultent un médecin et cela coûte cher, surtout dans des pays comme les États-Unis. » C'est aussi l'avis de Sabine Schirrer, responsable marketing voyage chez Europ Assistance. « Ces clients ne se font pas plus souvent mal que les autres, au contraire, assure-t-elle. Mais lorsqu'ils se blessent, ils mettent plus de temps à se réparer, d'où des dépenses plus importantes pour nous. »
UN CONSEIL OUI, UNE INTERDICTION NON
Les TO spécialistes de l'aventure confirment eux-mêmes que la clientèle âgée n'est pas celle qui pose en général le plus de problème. « Contrairement à ce qu'on dit, ces voyageurs sont endurants et surtout ils connaissent leurs limites, estime Gérard Guerrier, DG d'Allibert Trekking. Le profil à risque, c'est plutôt le cadre ultra-actif, ancien sportif, qui va faire un infarctus dans la montée du GR20. »
En outre, ce ne sont pas les voyages les plus engagés sur le plan physique qui génèrent le plus de problèmes de santé chez les seniors. « Nous avons 8 niveaux de difficulté, reprend Gérard Guerrier. Au-delà du niveau 4, nos conseillers ont l'obligation de vérifier auprès du client qu'il a bien les capacités et l'expérience requises. En revanche, les niveaux les plus faciles peuvent attirer des voyageurs peu préparés. Prenez un sédentaire complet, avec un léger surpoids, qui part au Maroc : une courte montée en plein soleil peut suffire à le mettre en difficulté. » Et de citer, à l'inverse, le cas de cette cliente de 69 ans, partie il y a quelques mois sur un programme de 25 jours en Sibérie en autonomie complète. Bilan : aucun pépin. Preuve que tout n'est pas question que d'âge.
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