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On a testé un circuit en Macédoine

Promue depuis deux ans sur le marché français, l'ancienne république yougoslave remporte un succès en vente directe et auprès des voyagistes, en attendant les agences. L'Echo a testé cette nouvelle destination "alternative".

La Macédoine, c'est la petite chérie typique du low cost. Trois vols Wizzair pour Skopje par semaine depuis Beauvais et Bâle-Mulhouse – qui propose aussi deux vols par semaine pour Ohrid – ont triplé l'offre et donné des ailes à la destination.

De l'exotisme kitch

Capitale de l'ex-République yougoslave, Skopje reste la porte d'entrée logique. Si le départ de Beauvais reste un handicap en matière d'accès, les tarifs peuvent séduire une clientèle jeune, ouverte à l'exotisme des villes de l'"Est" – pourvu qu'elles "bougent". 

Provinciale martyrisée par le séisme de 1963, austère avec ses mosquées alors fermées aux non-musulmans, Skopje est devenue une cité un peu délirante, avec des prix bas, des bazars turquisant, une vie nocturne en bonne voie, et surtout, le surréalisme de monuments mégalomanes bardés de statues de héros douteux.

Nature et culture

De son côté, la liaison Mulhouse-Ohrid offre à la clientèle de l'est le fleuron du pays : un lac à truites bordé de sanctuaires de briques, étape très attendue au temps des "grands tours de Yougoslavie".

Vaste comme notre Bretagne, le plus sudiste des pays slaves n'offre cependant pas que Ohrid et Skopje. La jeune république a dans sa manche les atouts de gorges aux airs de fjords, de forêts où rôdent ours, lynx, loups et chamois, de monastères orthodoxes, actifs ou bardés d'icônes. Le passé gréco-romain a légué quelques sites archéologiques majeurs, tels Stobi et Bitola qui, comme Prilep et la capitale, conserve aussi hammams, bazars, caravansérails et mosquées hérités d'une longue domination ottomane (1371-1912).

Un méli-mélo ethnique

Aux champs de tabac et de pavot, aux cimetières français de l'armée d'Orient de 1914, s'ajoutent toutes les surprises d'une mosaïque ethnique (Slaves, Albanais, Valaques, Grecs, Turcs, Bulgares…), jadis si proverbiale que macédoine est devenu le nom d'un méli-mélo multicolore de petits cubes de légumes.

Si les hôtels de charme tiennent la route, l'hôtellerie classique a quelques efforts à accomplir. La table, en revanche, trop copieuse pour avaler plus qu'un seul plat, est excellente, offrant des mets simples et typiquement turco-balkaniques, des fromages, escortés de vins corrects et bon marché, sans oublier la mastika – l'ouzo local.

La Macédoine sort enfin du long purgatoire qui a suivi la guerre de Yougoslavie – qui l'a relativement épargnée. Moins connue des ex-républiques du temps de Tito, elle a l'avantage d'un nom prestigieux.

La fréquentation doit encore beaucoup au tourisme ethnique et familial, et on estime que seuls 3000 "vrais" touristes français auraient visité le pays l'an dernier.

Une image qui se construit

Avec quelques spécialistes de la randonnée comme Zigzag, les autocaristes restent le gros du marché actuel, avec une cinquantaine de voyages l'an dernier. Rêv Vacances est l'un des rares TO "classiques" à proposer un circuit 100% macédonien . Car pour l'essentiel, la production reste associée aux pays limitrophes. "Je crois très fort à l'avenir de combinés Albanie-Macédoine", affirme Berenger Thibaut, patron du réceptif de Macédoine Vacances, qui travaille sur les deux pays.

"La Macédoine avait peu d'image, et d'une certaine façon, c'est beaucoup plus facile de lui en créer une, contrairement à des entités comme la Serbie, qui ont un passif fort", remarque Philippe Mugnier, d'Attract, en charge de la promotion et du marketing.

Depuis un an, Attract multiplie éductours et voyages de presse. De nombreux articles dans les magazines français tirent la destination de l'incognito. Et même la récente affaire de Koumanovo (qui avait vu un groupe terroriste s'emparer d'un quartier, avant d'être éliminé par la police), tout comme les récentes manifestations anti-gouvernementales, ont finalement fait connaître le pays grâce aux fonds de carte du journal de 20 heures.

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