Les agences vent debout contre LES FRAIS GDS DE LUFTHANSA
Les réseaux de distribution blâment Lufthansa et ses frais GDS, qui pourraient inspirer d'autres compagnies. Au-delà de la colère qui les anime, reste à savoir si une action sera intentée en justice, pour tenter de faire barrage au groupe aérien.
En décidant de taxer les réservations GDS de 16 E par billet, à compter du 1er septembre, Lufthansa a provoqué l'ire de la distribution, au-delà de ses propres frontières. Dans la foulée du Snav, quatre réseaux volontaires ont dénoncé la stratégie du groupe aérien : le Cediv, Manor, Selectour Afat, TourCom font front commun, ce qui est suffisamment rare pour le souligner.
Si la distribution se mobilise, c'est non seulement pour critiquer Lufthansa, mais aussi par crainte d'un effet domino. Comme ce fut le cas avec la commission zéro, qui s'est propagée en Europe en quelques années, laissant les agences repenser leur modèle économique et leur valeur ajoutée. D'après un sondage effectué par l'IATA (Association internationale des transporteurs aériens) auprès de ses membres, 96 des 120 transporteurs interrogés envisageraient d'emboîter le pas à Lufthansa, selon notre confrère Travel Weekly. Air France-KLM en fait-il partie ? « Nous évaluons cette option », de la taxation des réservations GDS, a déclaré son PDG Alexandre de Juniac. Pierre Descazeaux, directeur général France, a rapidement précisé la position d'Air France, pour rassurer les distributeurs : non, dans l'immédiat, la compagnie ne va pas imiter Lufthansa. Mais, « comme tout le monde, nous allons suivre de près les conséquences » de la décision du groupe allemand, notamment outre-Rhin. Là où la relation entre les agences et la compagnie nationale s'apparentent à celles entre Air France et les distributeurs français, qui représentent près de 70 % des ventes tricolores de la compagnie.
Les agences affaires en colère, en Allemagne
Pour l'heure, le problème reste effectivement centré sur l'Allemagne. « C'est un pas dans la mauvaise direction pour les clients comme pour les professionnels du tourisme ! », lâche Norbert Fiebig. Le président du syndicat professionnel allemand du tourisme (DRV, Deutscher Reiseverband) ne décolère pas depuis l'annonce, le 2 juin, des frais GDS de 16 E appliqués dans deux mois sur chaque billet. « Lufthansa fait un saut en arrière, vers des méthodes de réservation et de facturation vieilles de trente ans », ajoute Norbert Fiebig. Les agences affaires seront particulièrement pénalisées, explique Stefan Vorndran, président de BCD Travel Germany à Brême : « Ces frais conduisent à une énorme distorsion de concurrence. Ils restreignent le recours au conseil d'un spécialiste. Tout cela ne peut pas aller dans le sens de la protection du consommateur ». Que peuvent faire les agences pour se défendre ? Il est un peu trop tôt pour le dire. « Il n'y a pas encore de recours juridique contre Lufthansa », reconnaît Sybille Zeuch, porte-parole du DRV. À l'échelle européenne, les frais GDS ne constituent pas, non plus, une entorse évidente à la législation. « Les Allemands doivent analyser la compatibilité de cette décision de Lufthansa avec la législation allemande », propose pour sa part Ewa Grabiak, conseiller juridique à l'ECTAA, l'association européenne des agents de voyages et tour-opérateurs.
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