Les agences prennent IATA en grippe
L'APST et l'ECTAA ont dénoncé les pratiques de plus en plus strictes de IATA lors du congrès du SNAV. Une quarantaine d'agences ont renoncé volontairement à leur agrément l'an dernier.
La SCAV (Société coopérative des agences de voyages) pourrait bien ne jamais voir le jour. Raoul Nabet, président de l'APST à l'origine du projet de cette caisse de caution qui vise à aider les agences ne pouvant plus répondre aux nouveaux critères de liquidité de IATA, commence à se désespérer de la situation. « Le dossier a été déposé sur le bureau de IATA en juin et l'APST a reçu le 16 janvier (soit 7 mois plus tard, ndlr) un courrier précisant que l'assureur qui prendra part au projet doit être classé A par les agences de notation », explique-t-il. Or, l'APST avait conclu un accord avec Groupama l'été dernier mais depuis le mois de septembre, l'assureur a vu sa note baisser d'un cran par Standard et Poor's et est désormais classé B. « La situation est-elle bloquée ? », s'interroge à juste titre Raoul Nabet.
LE NOMBRE DE LICENCES IATA EN BAISSE
À priori non car IATA aurait déjà retoqué l'ensemble du projet s'il s'y opposait. Le fait qu'il traîne en longueur serait plutôt à mettre sur le compte de la crise économique qui entraîne une hausse des défauts de paiement et fait donc prendre à IATA d'extrêmes précautions. Ainsi, l'an dernier, 10 agences ont été radiées par l'association. Parmi elles, l'agence Actour, spécialisée dans la billetterie saisonnière pour des vols à destination des Antilles, a laissé une ardoise de 1,4 million d'euros à IATA.Face au durcissement des critères, les agences prennent de plus en plus leurs jambes à leur cou. Michel de Blust, secrétaire général de l'Ectaa, constate que « les agences de voyages quittent de plus en plus IATA pour travailler avec des consolidateurs ». En effet, en 2011 (depuis l'introduction du ratio de liquidité), une quarantaine d'agences ont volontairement renoncé à leur agrément, selon IATA. Même si on ne peut pas encore parler d'hémorragie, cette fuite des agences ne date cependant pas d'hier mais semble s'accélérer.
Depuis 2004, le nombre de licences IATA est en baisse continue et est passé de 1 600 à l'époque à 1 400 actuellement. Ce phénomène n'est cependant pas exclusivement réservé à la France. « IATA a modifié la plupart des critères financiers en Europe afin d'avoir une seule série de critères pour le monde entier dans le but de sous-traiter en Inde l'ensemble de l'audit des agences accréditées », explique Michel de Blust. À ce rythme, IATA, et par extension les compagnies aériennes, risquent de ne plus traiter qu'avec un groupement de très gros émetteurs.
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