Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Les agences ont tourné au ralenti

Selon le baromètre Snav/COE, la revente de voyages à forfait, touchée de plein fouet par une conjoncture difficile, la guerre en Irak et le Sras, a davantage souffert que la billetterie. Depuis le début de l’année, les réseaux notent cependant une légère reprise de l’activité.

Après une année 2002 difficile liée aux répercussions des attentats du 11 Septembre sur le tourisme et le voyage d’affaires, l’année 2003 n’a pas tenu ses promesses. Après un début pourtant prometteur, l’activité s’est ralentie dès la mi-février à mesure que la guerre en Irak se précisait, avant de se retourner complètement le mois suivant avec le début du conflit. La crise économique qui a frappé le Vieux Continent et le Sras n’ont fait qu’amplifier le phénomène. Si 2003 a tout de même été meilleure que 2001, l’année ne restera pas dans les annales, constate Jean-Pierre Mas, président d’Afat Voyages.

Ainsi, selon le baromètre Syndicat national des agences de voyages/Centre d’observation économique, le volume d’affaires total réalisé par les agences de voyages en 2003 recule pour la deuxième année consécutive avec une baisse de 2 % (-0,4 % en 2002). Avec une diminution de 1,5 % (-1,3 % en 2002), la billetterie tire mieux son épingle du jeu que la revente de voyages à forfait, qui accuse un fléchissement de 3,7 % (contre une hausse de 1,3 % en 2002). La profession a tout connu en 2003 : la guerre, la pneumopathie atypique, sans oublier la crise économique, les conflits sociaux, la canicule et les inondations, les menaces et attentats proprement dits, poursuit Jean-Pierre Mas.

Quand on regarde de plus près les résultats, on constate une courbe erratique sur l’année. Si l’activité enregistre une baisse supérieure à 6 points en mars (-6,2 %), avril (-9,8 %) et mai (-9,7 %), elle est en revanche en progression en janvier (+6,1 %), septembre (+3,3 %) et décembre (+6,6 %).

Les promotions tous azimuts n’ont pas sauvé l’année

A chaque espoir de reprise, de nouveaux nuages se sont amoncelés, regrette Baudouin Gillis, DG d’Accor Travel Distribution. Ainsi, après un départ en fanfare (+15,2 % en janvier 2003), la revente de voyages à forfait a plongé de mars à novembre, conséquence directe de la crainte des Français de voyager. La chute par rapport à une année 2002 déjà mauvaise a atteint -9,5 % en mars, -8,3 % en avril et -13,3 % en mai. L’automne n’a pas été meilleur, marqué par des baisses sensibles de septembre à novembre. Conséquence de l’importance des promotions réalisées par les TO pour écouler leurs stocks, les prix des voyages à forfait ont même reculé de 0,7 % en 2003. Un phénomène qui n’avait pas été observé depuis des années selon le Snav. La billetterie n’a pas fait mieux, avec des indicateurs passant au rouge de février à août 2003. La hausse de 4,2 % des prix des billets a permis toutefois de limiter les dégâts.

Dans cet environnement troublé, les réseaux ont différemment tiré leur épingle du jeu. Accor Travel Distribution annonce une augmentation du nombre de clients de 3 à 4 %, mais une baisse de 2 % du volume d’affaires. Le panier moyen a diminué, avec davantage de promotions, de forfaits vendus sans transport et de clients privilégiant les produits moyen-courriers à cause de la guerre et du Sras, explique Baudouin Gillis.

Leclerc Voyages, l’exception à la règle

Seul point positif, le bénéfice a été stabilisé et la marge d’exploitation est restée identique, grâce à de petites mesures comme l’amélioration de la productivité, la diminution des ristournes, la prise de frais de dossiers, l’introduction du téléphone payant… Afat Voyages affiche de son côté une activité tourisme en hausse de 1,9 % pour 2003 à périmètre constant et de -1,5 % pour la billetterie (qui exclut cependant les compagnies desservant exclusivement les départements d’outre-mer, où Afat Voyages est très présent).

2003 a été difficile, confirme également Antoine Cachin, président du directoire de Thomas Cook France. Le réseau a enregistré (hors franchisés et intégration d’Aquatour) une hausse des ventes de forfaits de 2 % et une baisse de la billetterie de 5 %. Il est vrai que cette dernière continue d’être progressivement transférée chez Havas Voyages American Express. Seul Leclerc Voyages semble faire exception à la règle avec une croissance de 8 % de son volume d’affaires (252,6 ME) en 2003 à périmètre constant. Une performance que Bernard Boisson, DG, explique par un programme de formation soutenu des agences du réseau, afin qu’elles sachent vendre aussi bien un produit de la brochure Leclerc Voyages qu’un forfait de dernière minute ou un séjour à forte valeur ajoutée.

Dans la crise, l’union fait la force

Même si le nombre de défaillances devrait progresser de 5 à 10 % en 2003 (avec le chiffre le plus élevé depuis 1997 selon l’Association professionnelle de solidarité), les agences semblent néanmoins continuer à tenir le coup, en dépit de ces années difficiles qui se succèdent. Elles ont su réduire leurs coûts et améliorer leur productivité, souligne Philippe Demonchy, président de Selectour. Son réseau affiche une hausse du volume d’affaires de 4,4 % à périmètre constant entre le 1er novembre 2002 et le 31 octobre 2003. Certains indépendants ont cependant préféré rejoindre des réseaux volontaires (qui se livrent d’ailleurs une âpre bataille pour grossir leurs rangs), se lancer dans les contrats d’enseigne (Fram, Look Voyages, Jet tours…) ou dans la franchise (Thomas Cook, Nouvelles Frontières…), plutôt que de tenir seuls face à la crise.

Reste que le moral, en ce début d’année, n’est toujours pas au beau fixe, tant la visibilité demeure incertaine. La reprise économique, que certains entrevoient, ne semble pas se concrétiser dans les faits pour tout le monde. Un certain attentisme prévaut chez les consommateurs, qui touche d’ailleurs d’autres secteurs comme l’automobile, constate Antoine Cachin. Et d’ajouter : Janvier n’a pas été bon en prises de commande comme en départs, et ne sera pas positif chez Thomas Cook.

Si aucun phénomène important de reprise n’est observé chez Afat Voyages, Jean-Pierre Mas se veut toutefois confiant, estimant la tendance encourageante, hormis l’Asie en raison de la grippe. Même méthode Coué chez Accor Travel Distribution où l’on précise que janvier comme février seront positifs. Et tous de prédire, réseaux intégrés en tête, que les efforts de rationalisation accomplis en 2003 vont porter leurs fruits cette année si l’activité redémarre. Une chose est sûre, les indicateurs ne pourront être que positifs à partir de février, vu l’ampleur des baisses enregistrées l’an dernier à cette époque, avec la guerre en Irak.

%%HORSTEXTE:1%%

Laisser un commentaire

Dans la même rubrique