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L’édito de Dominique Gobert – Iran : femme, vie, liberté !

C’était en 2016. Comme le temps passe. J’avais eu la chance d’effectuer une brève découverte de l’Iran. A cette époque, le pays s’ouvrait timidement au tourisme international.

Je crois que c’est l’un des voyages qui m’aura le plus marqué, tant le pays est beau, attirant, avec des souvenirs discrets de la Perse antique. Ça n’avait duré que, telle la rose d’Ispahan, l’espace d’une petite semaine.

Mais quelle semaine.

Téhéran, ses rues grouillantes d’une population affairée. Téhéran, où il était possible de parcourir ses artères à pied, croisant des visages souriants… Et curieux envers ces étrangers qu’ils avaient perdu l’habitude de côtoyer.

Ispahan, étrange et mystérieuse, nous n’avons pas trouvé de roses mais des merveilles architecturales.

C’était le temps ou mollahs et autres Iraniens acceptaient de discuter et même d’être « selfiés » avec des chiens d’infidèles.

Dominique Gobert, éditorialiste

C’était un temps où la jeunesse de ce pays – près de 70% des habitants ont moins de trente ans -, aspirait sans crainte à connaître notre culture, avide de découvrir d’autres lieux.

C’était un temps, pas si lointain, où les jeunes femmes avaient tendance à laisser dépasser quelques mèches de cheveux, malgré le foulard encore obligatoire.

Nous avions rencontré ces jeunes gens – garçons et filles – qui se réunissaient souvent en des lieux plutôt bucoliques. Comme beaucoup de ces étudiants qui venaient à notre rencontre, nous avions passé des heures à refaire le monde, dans un mélange d’anglo-français (notre langue se pratique et s’étudie dans les universités), farci parfois de farsi, la langue du pays.

J’avais, comme mes compagnons de voyage, senti cette aspiration de la jeunesse à accéder à « autre chose » …

J’y ai cru.

Jusqu’à ces derniers jours, depuis le 16 septembre exactement, jour du « massacre » dégueulasse de cette jeune fille, Mahsa Amini. Elle avait 22 ans, avait toute la vie devant elle, et rêvait simplement de vivre librement, heureusement…

Elle a été assassinée parce qu’elle ne portait pas de « vêtements appropriés », traduisez par « elle ne portait pas de voile ». Son seul tort a été de vouloir vivre libre.

Cette jeune fille aura été le signal d’une révolte, en attendant le terme de révolution. Car cette fois, la colère est croissante, malgré la répression sanglante venue de la part d’individus ignobles qui voient leur dictature s’effriter et fondre comme neige au soleil.

Nous n’irons plus, hélas, dans ce merveilleux pays, berceau d’une civilisation étonnante.

Mais, modestement, je ne peux que reprendre cette maxime des femmes du pays, « Femme, vie, liberté ».

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