La rando en France s’embourgeoise
Plus de confort, plus d'attentions aux clients, plus d'activités annexes… Même si la marche reste le coeur d'une randonnée dans l'Hexagone, l'offre des TO spécialistes s'enrichit et monte en gamme.
Marcher ou se marrer ? Chez La Balaguère, on a considéré qu'il n'y avait aucune raison de choisir. L'été prochain, le TO lancera en nouveauté un programme « Rires et randos » dans les Pyrénées, une semaine de ballade ambiancée par une humoriste toulousaine. Après les randos philo ou vino, le spécialiste poursuit donc la diversification de sa gamme de voyages thématiques, l'une de ses marques de fabrique. Des produits qui ne sont pas encore les best-sellers de la production, mais qui incarnent parfaitement l'évolution du marché des randonnées dans l'Hexagone.
« Chez nous, 15 % des programmes sur la destination France comportent aujourd'hui des activités périphériques à la randonnée », confirme-t-on chez Chamina Voyages. En la matière, les produits les plus demandés sont ceux qui misent sur le bien-être ou la remise en forme, en intégrant des séances de balnéo ou de thalassothérapie. « De manière plus générale, la grande tendance, c'est le besoin croissant de confort, complète Vincent Fontvieille, DG de La Balaguère. On le constate aussi dans les hébergements : aujourd'hui, la majorité des clients veut des hôtels, et plus on monte en gamme, avec des 3 de charme, plus ça marche. »
Les baroudeurs à la dure ont donc laissé leur place à des clients certes marcheurs, mais qui aspirent aussi à bénéficier de certains égards. Conscient de cette évolution, les opérateurs regroupés sous la bannière de l'association Vagabondages (voir encadré) viennent de lancer une nouvelle collection de produits baptisée « Vagabondages d'exception », « des programmes plus affinés, plus haut de gamme, avec un accueil plus soigné et personnalisé », explique Jean-Damien Pietri, président de l'association et directeur du TO corse À Montagnola. « Nous démarrons tout juste, mais c'est l'un de nos axes de développement pour les deux ou trois années à venir. »
RANDONNÉES EN LIBERTÉ, LA TENDANCE
Sentiers de France, de son côté, s'est engagé sur ce créneau dès sa création, en 2000. « On se distingue par les services qui entourent la randonnée, par exemple des menus de dîner au choix ou même des transferts en taxi pour sortir des villes lorsqu'il n'y a pas d'intérêt à s'y promener », décrit Yann de Pontbriand, gérant de ce TO basé en Touraine. Une approche qui a séduit les étrangers, notamment anglo-saxons, qui représentent la moitié du millier de clients annuels de l'entreprise. Autre spécificité de ce producteur : il ne propose que des randonnées en liberté, sans guide. Une offre dont l'essor ces dernières années est l'une des autres tendances lourdes du marché, ce dont profitent les produits dits de « grande itinérance ». À commencer par le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, devenu l'un des itinéraires les mieux vendus par les opérateurs du secteur.
%%HORSTEXTE:1%%