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L’Irlandais volant

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Pour ceux que la réussite outrancière agace – et ils sont nombreux – la success story de Ryanair est à plus d’un titre un cas d’école. Tout d’abord parce que le dirigeant de la compagnie aérienne, Michaël O’Leary, est passé maître dans l’art de la déclaration qui claque et qui fâche. S’il ravit les journalistes pour qui le trublion du ciel est un difficile mais très bon client, il ne lasse pas de crisper beaucoup de monde, et en premier lieu ses concurrents easyJet mais aussi Air France. Devenue en deux décennies un acteur incontournable du ciel européen, la compagnie a aussi le culot d’être la plus rentable. Certes, les subventions des collectivités territoriales et la fiscalité sous pavillon irlandais, l’y aident bien ; tout comme une politique salariale étriquée et assumée par l’ultralibéraliste O’Leary. Côté consommateurs, s’il fut un temps où les low cost faisaient peur, la sécurité à bord des avions n’est plus un point discriminant. Mais le confort et les détracteurs des offres à bas coûts restent nombreux. En imaginant faire voyager les passagers debout et transformer ses avions en bétaillères volantes, le patron de Ryanair n’a guère rehaussé son image auprès d’un public qui supporte de moins en moins d’être pris pour un imbécile. Celui-là même qui devine rapidement que son billet d’avion ne lui coûtera pas réellement 9,99 E, qui ne perdra pas 3 heures à mesurer et à sous-peser son bagage pour savoir s’il répond aux critères du bagage cabine de la compagnie, et encore moins à aller à Beauvais. Après, on peut toujours tergiverser sur des questions de libre concurrence, de démocratisation du voyage, ou d’ouverture du marché. Mais, ce qui fait le succès de Ryanair, c’est l’adaptabilité et la rentabilité de son offre. Cette recette n’est pas magique, loin s’en faut. Libre à nous d’y souscrire ou pas.

On peut toujours tergiverser sur des questions de libre concurrence ou de démocratisation du voyage.

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