Drôle d’été, avec un soleil discret, et une pluie qui s’invite jusqu’aux Jeux olympiques (JO). Toutefois, le bilan global de la saison ressort positif, notamment pour le portefeuille des hôteliers.
« Les gagnants sont ceux qui ont pu tirer parti de l’effet JO comme Paris et l’Ile-de-France - notamment la Seine-Saint-Denis et des Yvelines - mais aussi les villes hôtes de province telles que Lille, Châteauroux, Marseille », selon Vanguelis Panayotis, président de MKG.
Parmi les perdants figurent les établissements de la façade littorale Ouest, « notamment la Bretagne et l’Atlantique Nord, qui ont pâti de la comparaison avec de très beaux étés en 2022 et 2023 », ajoute-t-il.
Vanguelis Panayotis, président de MKG Consulting
Paris à la traîne en juillet
Au mois de juillet, le taux d’occupation des hôtels en France atteint 70,7%, en léger retrait sur un an (-1,6 point), selon la société de conseil MKG. Le prix moyen progresse de 10,4% dans le même temps (à 144,6 euros), ce qui bonifie le revenu par chambre (+7,9% versus juillet 2023).
Ces moyennes cachent des disparités territoriales et un retard à l’allumage dans la capitale. Le taux d’occupation recule fortement à Paris (-10,7 points). « La saison estivale a commencé avec la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques », le 26 juillet, confirme Vanguelis Panayotis.
Quelques régions ont toutefois tiré leur épingle du jeu, comme la Région PACA. Néanmoins, l’attentisme a souvent prévalu dans de nombreux territoires, dans l’hôtellerie comme dans les campings. Pour mémoire, « dans les campings, la très haute saison a commencé le 3 août », a déclaré à L’Echo touristique Nicolas Dayot, président de la Fédération de l’hôtellerie de plein air (FNHPA).

Août : des prix qui flambent en IdF
Le mois d’août montre un visage touristique différent. Sur la période du 1er au 19 août 2024, le taux d’occupation moyen s’élève à 71,4% (+1,5 points). Dans le détail, il augmente dans le haut de gamme, et se stabilise dans l'économique.
Le prix moyen ressort à 172,8 euros (+29%). La hausse tarifaire résulte clairement de l’effet Jeux olympiques et paralympiques (+92% de hausse de prix à Paris, +94% en IdF hors Paris). Par conséquent, le RevPar s’est envolé (+31,8%), ce qui devrait permettre aux hôteliers de se consoler d’un mois de juillet compliqué.
Toujours du 1er au 19 août, mais cette fois à Paris et en Ile-de-France, les taux d’occupation s’avère relativement stable par rapport à 2023 en dépit des JO. « Certaines clientèles ne sont pas venues », à cause des prix élevés ou/et par manque d’intérêt à l’égard des épreuves. Mais Vanguelis Panayotis est confiant : « l’effet médiatique » des épreuves devrait booster les prochains mois.

Quid du mois de septembre ?
Dans l’hôtellerie, traditionnellement, le nombre de nuitées en septembre, très fort dans l’événementiel, dépasse celui du mois de juillet. « Cela a toujours été le cas », souligne Vanguelis Panayotis.
« Cette année, nous observons un glissement plus accentué sur le mois de septembre, au niveau des clientèles loisirs. Mais aussi davantage d’attentisme du côté des clientèles affaires. »
La tenue des Jeux paralympiques a encouragé les reports, à fin septembre ou octobre, des séminaires, congrès et autres voyages d’affaires. L’automne pourrait ainsi s’avérer prometteur. Même si la météo maussade, les incertitudes politiques et économiques pourraient contrarier les tendances.