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Frédéric Lefebvre « Les Français se moquent des divisions dans la profession »

En déplacement à Annecy pour l’inauguration du salon Grand Ski, le 18 janvier, le secrétaire d’État au Tourisme s’est adressé pour la première fois à la presse professionnelle et livré ses réflexions sur le secteur. Avec un message martelé : il faut soigner la qualité de service !

L’Écho touristique : Vous ne serez pas présent au congrès du Syndicat national des agents de voyages, à Louxor, mais vous avez préparé un message aux professionnels du tourisme. Que comptez-vous leur dire ?

Frédéric Lefebvre : Je vais leur dire que, plus que tout, c’est la qualité du service qui compte. Ils doivent montrer aux consommateurs qu’ils leur apportent un plus, et surtout ne pas abandonner ce service sous prétexte de se mettre au niveau de la concurrence sur Internet. Concernant Internet, justement, je compte annoncer le 21 janvier des mesures visant à lutter contre les faux avis d’internautes sur les sites d’e-commerce.

Certaines crises récentes ont montré que la défense des consommateurs et celle des professionnels étaient parfois difficiles à concilier. Quelle est votre position sur ce sujet ?

Les intérêts des professionnels et ceux des consommateurs sont tout sauf divergents. Les consommateurs, par définition, font tourner la machine. Donc quand on s’attache à ce que les professionnels les traitent bien, cela va dans leur intérêt. L’épisode du volcan ou celui de la neige sont les signes que les consommateurs ne peuvent pas se débrouiller seuls. Mais les professionnels doivent remplir leur mission. Dans l’épisode neigeux, j’ai été ferme avec eux, mais sur la Tunisie, j’ai salué leur travail.

Êtes-vous favorables à la constitution d’une fédération du tourisme, sur laquelle les professionnels planchent ?

Mon énergie est d’unir les acteurs sur des projets concrets. Je ne veux pas être le ministre uniquement de la réglementation, mais celui de l’action, sur le terrain. Mais je ne rentre pas dans le débat sur les divisions entre les uns et les autres. Si j’ai trois interlocuteurs autour de la table au lieu d’un seul, je m’en accommode. Je suis pragmatique, je veux me mettre du côté des Français, et les Français s’en moquent de ces divisions. Ce qu’ils veulent au final, c’est un service de qualité.

Quels sont vos objectifs pour le tourisme incoming ?

La France est la première destination mondiale en nombre de touristes accueillis, mais elle occupe le troisième rang en chiffre d’affaires. Mon objectif, c’est que nous passions à la seconde place, en dépassant l’Espagne, d’ici trois ans. Pour cela, le seul moyen est d’augmenter la durée des séjours. Et pour donner aux touristes envie de rester plus longtemps, il faut améliorer l’accueil.

La qualité, toujours la qualité ?

C’est mon leitmotiv, car notre pays a énormément de progrès à faire dans ce domaine. Je vais d’ailleurs signer dans les prochains jours une charte avec tous ceux qui sont en situation d’accueil, comme les organisateurs de congrès, les aéroports, les gares… Et puis, pour attirer la clientèle étrangère, je veux que nous mettions l’accent sur la gastronomie, les soldes, le cinéma. Sur ce point, par exemple, je veux faire des tournages dans notre pays un outil de visibilité pour notre patrimoine culturel.

À quand le fameux portail Internet pour vendre cette offre ?

Je reçois dans quelques semaines l’équipe d’Atout France qui travaille sur ce projet. Pour l’instant, ce qu’ils proposent ne me convient pas. Un lancement d’ici un an et demi, c’est trop long. Je veux aussi qu’on y identifie 50 lieux emblématiques de la France et 15 éléments de patrimoine, qu’on propose des voyages thématiques, comme sur le Spa ou autour de notre patrimoine religieux. Et surtout, je veux que ce soit un portail de vente, pour les tour-opérateurs comme pour les consommateurs en direct.

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