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Fram : les salariés de Plein Vent montent au créneau contre DocteGestio

Alors que DocteGestio a déposé ce matin un plan de continuation pour Fram, les salariés de Plein Vent expriment publiquement leurs réserves sur le projet du groupe immobilier que soutiennent à contrario les filiales de Fram à l'étranger. Le tribunal de commerce de Toulouse tranchera demain.

C'est mercredi 25 novembre le jour J pour le groupe Fram avec, normalement, le dénouement attendu du long suspense autour du nom du repreneur de l'entreprise, en redressement judiciaire depuis le 30 octobre dernier.

DocteGestio a déposé son plan de continuation

Le 18 novembre, le tribunal a entendu les trois candidats, LBO/Karavel-Promovacances, NG Travel/JPF Travel et Docte Gestio, avant de metttre sa décision en délibéré au 25 novembre.

Depuis, la tension monte, d'autant que DocteGestio a continué de créer la surprise en présentant, au dernier moment, "pour battre LBO", un plan de continuation.

"Nous l'avons déposé ce matin au tribunal", nous a confirmé ce mardi 24 novembre Bernard Bensaid, Pdg du groupe spécialiste de la gestion immobilière. "Nous sommes très déterminés. Nous répétons que nous rembourserons 100% des créanciers, et reprendrons 100% des salariés. Nous proposons 10 millions d'euros pour la reprise de Fram et 5 millions d'euros sur nos fonds propres. Nous sommes allés au bout de tout ce que nous pouvons faire. Ce serait un crime de laisser partir Fram en cession", précise le dirigeant qui indique avoir d'ores et déjà acquis 47% des actions de Fram.

Georges Colson s'est engagé à céder ses parts

"Georges Colson et Marie-Laurence Vieuille-Féral (actuelle présidente du directoire de Fram et nièce du précédent, Ndlr), se sont engagés à me céder leurs parts". En revanche Marie-Christine Chaubet "a refusé". "Je me suis rendu compte, ce que j'ignorais en m'engageant dans ce dossier, de la vive opposition entre monsieur Colson et madame Chaubet". Marie-Christine Chaubet a fait savoir depuis le mois de septembre qu'elle soutenait le dossier de LBO/Promovacances.

Cette incertitude et le projet de reprise de DocteGestio, jugé "pas sérieux", mettent en émoi les salariés de Plein Vent (filiale à 100% de Fram). Ils se sont décidés hier à faire entendre leur voix par l'intermédiaire de leurs élus. Dans un communiqué adressé à la presse, ces derniers détaillent les inquiétudes.

Une "promesse mensongère"

"Nous avons mené nos propres investigations sur les repreneurs. Ce que nous avons découvert sur le groupe DocteGestio, inconnu de tous jusqu’alors, est juste effrayant. Le Père Noël, nous le savons tous, n’existe pas. Or c’est un peu le costume qu’a tenté de revêtir Monsieur Bensaid…"

"S’agissant tout particulièrement du maintien de tous les postes : promesse mensongère. Nous avons découvert qu’en réalité il mise, comme pour ses précédentes reprises, sur des départs naturels. Ainsi il se targue d’un effectif affiché pour sa holding, de pas moins de 3800 collaborateurs. Or il importe, en réalité, de déduire de cet effectif, un tiers de salariés !"

Les représentants des salariés de Plein Vent, qui sont entrés en contact avec leurs homologues dans les autres entreprises reprises par DocteGestio, affirment que "l’une des premières mesures (…), est d’éliminer les Institutions Représentatives du Personnel. Ce qui ouvre une autoroute pour bafouer toutes les règles du droit du travail. Les dossiers de monsieur Bensaid encombrent les tribunaux prud’homaux, et les couloirs de l’inspection du travail".

Et ils adressent au tribunal une supplique en forme d'avertissement : "Il est donc vital que le repreneur choisi par le tribunal mercredi prochain, soit en capacité de faire redémarrer l’activité dans les jours qui suivent. Ceci suppose, d’une part, une véritable expertise de notre métier, que monsieur Bensaid (…) ne semble absolument pas avoir. Et d'autre part s'appuyer sur un vrai… projet".

Un projet soutenu par les salariés des filiales étrangères

"Nous avons rencontré monsieur Bensaid", a expliqué ce matin une salariée de Plein Vent interrogée par L'Echo touristique. "Son  projet n'est absolument pas crédible. La présentation était risible. Nous espérons que le tribunal ne va pas se laisser bluffer et ne pas rendre une décision sur de seules considérations financières immédiates. C'est à la pérennité de l'entreprise qu'il faut penser".

"Je peux sauver Fram", continue de son côté d'affirmer Bernard Bensaid qui regrette "cette campagne de diffamation". Le Pdg de DocteGestio n'a toutefois pas rassemblé la majorité du capital, soit 51% des parts, pour que son plan de continuation soit recevable.

Il espère pour arriver à ces fins que le tribunal aura recours à l'article 70 de la Loi Macron votée en juillet dernier. Cet article prévoit la "cession forcée de parts", soit la possibilité pour un tribunal de commerce "d'ordonner la cession de tout ou partie des actions des associés en place au profit des tiers ayant pris l'engagement d'exécuter le plan de redressement". Ce serait une première en France. "Et une opportunité d'appliquer cette nouvelle loi", remarque Bernard Bensaid.

Le Pdg de DocteGestio a reçu ce matin le soutien des salariés des filiales de Fram à l'étranger. Dans un courrier, les représentants de Fram Espagne, Fram Grèce, Fram Sénégal, Fram Maroc et Fram Tunisie et "tous les salariés des filiales étrangères", soit 650 personnes indiquent :  "L'offre de Doctegestio qui asure un plan de continuité retient toute notre attention, car elle pérennise notre avenir. (…) Dans le cas contraire, la situation nous contraindrait dans les prochains jours à déposer le bilan des sociétés réceptives que nous gérons. (…) A notre tour de dénoncer la logique de reprise de Karavel-Promovacances qui certes assure une reprise mais oublie au passage 50% des salariés directs et indirects, car jusqu'à nouvel ordre, nous sommes tous Fram".

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