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Etats-Unis, ce qui a changé

Le pays de l’Oncle Sam séduit à nouveau les Français. Pourtant, les nerfs des voyagistes, comme ceux des clients, sont soumis à rude épreuve depuis quatre ans.

Après trois années de forte décrue (-37 % entre 2000 et 2003), les visiteurs français ont retrouvé durablement le chemin des Etats-Unis, baisse du dollar aidant. Au point que certains spécialistes de la destination, comme Jetset, espèrent renouer dès cette année avec les chiffres records de 2000. Et ce, malgré les contraintes auxquelles ils doivent faire face, tout comme leurs clients, depuis les attentats de septembre 2001. Ainsi, en l’espace de quatre ans, les prix ont augmenté (après une baisse juste après le 11 Septembre), les disponibilités en nombre de sièges (dans les avions) ou de lits (dans les hôtels) se sont sensiblement réduites. Sans parler des problèmes accrus de correspondances dans les aéroports américains ou des nouvelles contraintes pour entrer sur le territoire. La seule chose qui n’ait pas changé, ce sont les régions de prédilection des Français : la crise aidant, ils se concentrent plus que jamais dans l’Ouest américain, à New York et en Floride. Etat des lieux.

Le renforcement des mesures de sécurité

Partir aux Etats-Unis, ça se mérite. Depuis les attentats, les vols pour les Etats-Unis comptent parmi les plus contrôlés. Obligation est faite de se présenter au comptoir d’embarquement deux heures (voire trois) à l’avance : le temps nécessaire pour se soumettre au rituel du profiling (un agent de sûreté demande au passager le but de son voyage, s’il a laissé ses bagages sans surveillance…), à une fouille aléatoire des valises ou encore de retirer ses chaussures lors du passage de la douane. Le renforcement des règles édictées par les autorités américaines a également eu des répercussions financières sur les passagers. Pour permettre aux aéroports de réaliser des achats d’équipements, comme par exemple des détecteurs mobiles de traces d’explosif, une taxe spéciale a été créée. Aujourd’hui, les passagers s’acquittent de 8,20 E par billet, soit le double de 2001.

L’allongement des temps de connexion

Le renforcement des normes de sécurité n’a pas eu pour seule conséquence d’éprouver la patience des visiteurs. Il bouscule aussi le rythme et la durée des correspondances dans les hubs américains. Avant 2001, il fallait compter en moyenne 45 min à 1 heure. Aujourd’hui, avec la multiplication des contrôles, et l’obligation faite de réenregistrer ses bagages, il faut compter 2 heures, au risque de rater sa connexion. Même si, sur les lignes intérieures américaines, les fréquences sont nombreuses. De leur côté, les compagnies ont fait des efforts. American Airlines a ainsi modifié ses horaires, avec des temps de correspondance moins serrés. Depuis le printemps dernier, elle compte une heure et demie pour une connexion, contre une heure auparavant. Ce qui n’empêche pas de nombreux passagers de rater leur vol !

La peur des risques d’attentats, relayée ensuite par le rafraîchissement des relations entre la France et les Etats-Unis, a eu pour conséquence une chute de la fréquentation des Américains dans l’Hexagone et des visiteurs français au pays de l’Oncle Sam.

La réduction des capacités aériennes

Entre 2000 et 2003, le nombre est passé de nos compatriotes outre-Atlantique est passé de 1 million à moins de 690 000 ! Cet effondrement a conduit les compagnies par ailleurs en situation financière difficile, à revoir leurs capacités à la baisse. Tous transporteurs confondus, l’offre globale entre la France et les Etats-Unis était cet hiver encore inférieure à celle de l’hiver 2001/2002. Ainsi, US Airways est passée de trois vols/jour (Paris-Charlotte, Paris-Pittsburg et Paris-Philadelphie) à un (Paris-Philadelphie). United Airlines ne propose plus que trois liaisons quotidiennes (Paris-Washington, Paris-Chicago et Paris-San-Francisco), American Airlines a supprimé ses vols directs entre Paris et San Jose. Même chose du côté d’Air France, qui a fait jouer les synergies avec Delta pour réduire le nombre de sièges. Résultat : alors que la demande repart, les capacités deviennent insuffisantes et les taux de remplissage ont dépassé cet été les 90 % !

Une situation ubuesque pour les voyagistes français

Les tour-opérateurs se plaignent des difficultés qu’ils rencontrent pour trouver des sièges. Aujourd’hui, il faut payer pour obtenir des allottements, dénonce Jean-Marie Douau, directeur général de Jetset. Jet tours reconnaît pour sa part être obligé de travailler avec plus de compagnies que par le passé pour contourner l’obstacle. Pour les groupes, la situation devient ubuesque. Les classes de réservation sont de plus en plus nombreuses et, de ce fait, les compagnies proposent moins de places, préférant privilégier la clientèle individuelle plus rémunératrice.

Le prix des hôtels monte en flêche

Après le 11 Septembre, les Américains ont annulé leurs déplacements à l’étranger, préférant prendre leurs vacances sous la bannière étoilée. Après une effort tarifaire légitime au lendemain des attentats, cette situation a généré une forte demande intérieure, entraînant une hausse des prix de l’hôtellerie, en particulier dans les grandes agglomérations. Entre 2003 et 2005, les prix ont augmenté de 10 % à New York. Sur la côte Ouest, la hausse atteint 3 % chaque année depuis trois ans, témoigne Rémy Vénitien, chez Transat. Et ce n’est pas fini, le TO annonce une nouvelle hausse de 10 % pour la seule année 2006 à Manhattan et de 4 % en Californie. Surtout, les voyagistes doivent faire face à une réduction des allottements. Les hôteliers préfèrent conserver leurs chambres, pour les commercialiser au prix fort aux Américains, confirme Jean-Marie Douau. Résultat, les TO sont parfois contraints de payer ferme des chambres, tout particulièrement à New York et à Las Vegas. Toutes ces évolutions n’ont pas contribué à faciliter la tâche des spécialistes de la destination.

Des nouvelles règles d’entrée sur le territoire

Mais ce que craignent surtout les professionnels aujourd’hui, c’est l’obligation faite, pour toute personne qui fera renouveler son passeport après le 26 octobre, de se faire délivrer un passeport individuel à lecture optique avec photo imprimée numériquement (et non plus collée, y compris pour les enfants). A défaut, l’obtention d’un visa sera obligatoire.

Si cette nouvelle réglementation ne s’applique pas aux personnes déjà détentrices d’un passeport à lecture optique (qui reste valable pour l’entrée aux Etats-Unis jusqu’à son expiration), elle risque néanmoins d’enrayer la reprise de la fréquentation. En effet, les autorités françaises sont dans l’impossibilité de délivrer de tels passeports pour le moment. Et, pour obtenir un visa, obligation sera faite (y compris aux enfants !) de se rendre au consulat américain à Paris – une contrainte supplémentaire pour les personnes devant se déplacer depuis la province. Sans parler du coût, 90 E par visa.

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