easyJet et Air France frottent leurs ailes dans le sud
Les deux compagnies ouvrent toutes les deux leurs nouvelles bases à Toulouse et Nice. Le match ne fait que commencer, auxquels veulent se joindre d'autres acteurs.
Les cérémonies de lancement de bases aéroportuaires se précipitent dans le sud de la France. Le 26 mars, easyJet inaugurait sa nouvelle base de province à l'aéroport de Nice Côte d'Azur et devait faire de même à Toulouse si les événements tragiques dans la Ville Rose n'étaient pas survenus, reportant sine die la fête d'inauguration. Air France a aussitôt riposté en invitant dès le lendemain distributeurs et politiques niçois à fêter le lancement le 3 avril prochain de sa nouvelle base avec vue sur la Baie des Anges. La compagnie nationale devait attendre le 29 mars pour faire de même à Toulouse, pour une entrée en opération le 1er avril.
MENACE DE SURCAPACITÉ
Pour easyJet, l'ouverture de ces deux nouvelles bases, avec un A319 posté dans chacune d'elles, va lui permettre de proposer 12 routes supplémentaires, dont sept pour Nice : Bordeaux, Nantes, Lille, Toulouse-Blagnac, Barcelone, Naples et Venise. Le transporteur qui comptait jusqu'à présent 3 bases (CDG, Orly et Lyon) accroît ainsi sa capacité de 500 000 passagers, répartis à peu près à 50/50 entre les deux nouvelles bases. De son côté Air France est prête à riposter : « Nous entendons bien défendre nos parts de marché et poursuivre notre développement », prévient Frédéric Babu, directeur régional AF Côte d'Azur et Monaco. Les deux acteurs ont bien conscience que ce face-à-face sera générateur de surcapacité, mais ne s'en émeuvent pas : « Il y aura des conséquences, mais l'avantage d'avoir une base locale est de pouvoir être très vite réactif au marché en modifiant ou supprimant des liaisons », poursuit le responsable d'AF. La compagnie a en fait déjà revu son plan de vol avant qu'il ne soit opérationnel. À Nice, elle n'ouvre ainsi que quatre nouvelles routes (Venise, Naples, Athènes et Tel Aviv) quand en décembre dernier, elle en avait prévu 6 avec Istanbul et Barcelone en plus. À Toulouse, Bruxelles et Genève ne seront également plus au programme de lancement, ramenant le nombre de destinations nouvelles de 16 à 14. Les moyens mis en oeuvre pour sauver le court-courrier d'Air France restent toutefois conséquents. Sur Nice, le transporteur positionne 8 avions avec 260 navigants supplémentaires. « Notre objectif est d'accroître notre trafic de 10 % la première année », explique Frédéric Babu faisant un total de 2 millions de passagers supplémentaires en incluant les bases de Toulouse et Marseille.
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