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Croisière

Le marché français de la croisière maritime est désormais un métronome parfaitement réglé. Comme en 2009 et 2008, le nombre de passagers hexagonaux a progressé de 12 % en 2010, pour atteindre les 387 000 clients, selon les chiffres de l’AFCC (Association française des compagnies de croisières). Une croissance en ligne avec celle du marché européen dans son ensemble, qui a grimpé de 4,9 millions à 5,4 millions de passagers. Dans le détail, « tous les segments de marché ont profité de la hausse, commentait en mars dernier Georges Azouze, président de l’AFCC, de l’entrée de gamme au luxe, des croisières culturelles à la française aux vacances familiales à bord de resorts flottants. » Autre bonne nouvelle : 2010 a aussi marqué le retour à la croissance de la croisière fluviale. Le secteur (emmené en France par la locomotive Croisieurope) a ainsi attiré environ 190 000 passagers français, soit un rebond de + 14 % après le trou d’air de 2009.

Sur le segment maritime, la Méditerranée est la zone qui a le mieux tiré son épingle du jeu : logiquement la plus visitée par les croisiéristes tricolores (elle attire plus des deux tiers d’entre eux), elle a ainsi vu sa fréquentation progresser de 17 % l’an dernier, portée par une forte croissance du nombre de navires et une explosion des départs en tête de ligne depuis les ports français, Marseille en tête.

À l’inverse, l’Europe du Nord a sérieusement dévissé (- 34 %), conséquence de l’éruption du volcan islandais (dont Hurtigruten a fait les frais) et de la disparition de Marsans (dont les programmes ont toutefois été assurés par NDS Voyages, qui a ainsi vu ses chiffres exploser).

Côté compagnies, Costa est restée de loin le numéro un du marché tricolore. La société ne communique pas ses chiffres mais assure avoir « frôlé les 200 000 passagers français ». Derrière, MSC a poursuivi sa fulgurante marche en avant, annonçant une progression de 37 % du nombre de passagers hexagonaux par rapport à 2009, et se proclame désormais « co-leader du marché français ». Viennent compléter ce quatuor de tête Louis Cruises (en forte hausse en 2010 grâce au positionnement d’un troisième bateau à Marseille) et Croisières de France (limité dans sa progression par la taille de son navire, le Bleu de France, qui sera remplacé en 2012).

Ce dynamisme du marché français est évidemment porté par la mise à flots, ces dernières années, d’une flopée de nouveaux bateaux, non seulement chez les majors du secteur, mais aussi chez des opérateurs plus petits, notamment la Compagnie du Ponant, qui a bénéficié à plein en 2010 de l’entrée en service du Boréal. Conséquence tout autant que moteur de cet essor, l’offre se développe sur de nouveaux terrains de jeu, généralement avec succès : mer Rouge, Emirats, croisières hivernales en Méditerranée, programmes 100 % francophones (notamment avec TMR, qui a relancé la marque Paquet l’an dernier, ou Taaj)… Une dynamique dont tout pousse à croire qu’elle va se poursuivre en 2011 et 2012, même si les révolutions arabes du printemps dernier ont aussi pénalisé les compagnies de croisière. Entre les ouvertures de têtes de ligne dans les ports de l’ouest de la France cette année (Le Havre en particulier), la forte montée en puissance des compagnies américaines (symbolisée par les ambitions de Royal Caribbean, qui vient de rouvrir un bureau français), l’augmentation continue des capacités et le soutien actif de la distribution (succès du Jour le plus long de la croisière, lancement des agences-enseignes de MSC, etc.) le marché français devrait allégrement dépasser les 400 000 passagers en 2011.

Le dynamisme est porté par la mise à flot de nouveaux bateaux